Résumé

Ch. de Rémusat Locke, sa Vie et ses Œuvres, dernière partie

III Aucun des ouvrages de Locke n’est marqué du sceau du génie. Vous n’y trouverez pas, comme dans Bacon, ce ton sublime, cette ferme raison servie par une imagination éclatante : ni l’esprit large et puissant de Descartes, pénétrant comme un géomètre, observateur comme un physicien, inventif comme un rêveur ; ni l’universalité rapide de Leibnitz, le seul homme qui ait uni la facilité à la profondeur ; ni la grandeur sévère des déductions de Kant, ce sceptique concluant qui se soutient dans le vide, et dont la pensée se fait le centre du monde.
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Ch. de Rémusat Locke, sa Vie et ses Œuvres, dernière partie

« Notre connaissance est plus bornée que nos idées. » C’est beaucoup moins penchant à matérialiser la pensée que répugnance à se prononcer sur la nature des choses, et besoin exagéré de montrer sans cesse les bornes de l’esprit humain. C’est toujours la défiance pour les lois absolues de la raison, pour tout ce qui n’est pas fondé sur la perception directe, c’est le défaut d’une conception assez vigoureuse de certains principes d’évidence et de nécessité, qui entraînent Locke à supposer possible ce dont l’impossibilité ne lui paraît pas démontrable par l’expérience.
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Faut-il dire avec Locke que c’est la réflexion qui les donne ? Sans aucun doute, la réflexion est un moyen de les distinguer, de les constater, de les dégager sous une forme précise et générale. Beaucoup de gens, n’ayant jamais réfléchi, ne se sont jamais dit par exemple : Tout ce qui commence d’exister a une cause ; mais ceux-là mêmes qui n’ont jamais réfléchi se conduisent, observent, pensent, raisonnent, comme s’il était vrai que tout ce qui commence d’exister à une cause.
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