Résumé

L. Étienne Revue des Deux Mondes

Le poignard dont il se frappe est peut-être poussé par la jalousie, mais n’est-ce pas le fantôme de la patrie expirante qui le lui a mis entre les mains ? Ortis inscrit le suicide dans le catéchisme du citoyen ; il méprise les âmes timides qui ne courent pas au-devant de la mort, la mort volontaire, à ses yeux, est un devoir politique. Sa faiblesse peut aller jusqu’à éloigner le moment fatal ; l’amour de Thérèse est un ajournement du devoir ; il n’y a là aucune de ces mollesses du cœur, ni de ces défaillances qui mènent un amant au suicide.
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L. Étienne Revue des Deux Mondes

Faut-il donc renoncer à l’espoir d’une littérature patriotique ? faut-il abandonner les traces de Dante, et recommencer l’harmonieuse et insignifiante cantilène des pétrarquistes ? faut-il que la poésie italienne se condamne à être un art frivole d’images vaines et de mots sonores ? faut-il, pour être poète, renoncer à être citoyen ? Non, il ne faut pas désespérer d’un pays qui a de si nobles souvenirs et de si riches espérances. Foscolo, comme plus d’un de ses contemporains, a souffert pour la cause de l’Italie ; mais le sacrifice porte des fruits, et la souffrance est féconde.
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L. Étienne Revue des Deux Mondes

La destinée de Foscolo semble contenir un enseignement bien amer pour les Italiens qui ont embrassé la carrière des lettres. Voilà donc comment on finit quand on a respiré le beau ciel d’Italie, et qu’on ne s’est pas laissé gagner à son énervante influence : on est exilé ; on mange, et quelquefois on mendie misérablement le pain de l’étranger ; on vit à peine sous un climat qui paraît glacé ; on lutte sans cesse contre l’oubli, le mépris, l’indigence, jusqu’à ce que la mort ensevelisse les restes du proscrit dans une terre qu’il n’aime pas.
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