Résumé

Adolphe Bossert Essais sur la littérature allemande

« Qu’y a-t-il de bon en nous, dit-il quelque part, si ce n’est la force et le goût de nous approprier les éléments du monde extérieur et de nous en servir pour un but élevé? » C’est cette faculté d’assimilation, de transformation et de renouvellement, ce rare mélange d’esprit critique et de génie créateur, qui est la marque distinctive de Goethe, et c’est par là qu’il est le vrai représentant d’une littérature qui, venue la dernière dans l’histoire, n’a pu se constituer que par une combinaison ingénieuse de toutes celles qui l’avaient précédée.
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Adolphe Bossert Essais sur la littérature allemande

Mme de Staël appelle Egmont la plus belle tragédie de Goethe : elle oublie les inégalités du style, le décousu de l’action, la fin mélodramatique; Egmont n’est qu’une œuvre de transition. La pièce qui représente le mieux la seconde manière de Goethe, sa manière classique, c’est Iphigénie, moderne par les sentiments et les caractères, antique par la noblesse du style et par les belles proportions de l’ensemble.
Goethe quitta Rome le 22 avril 1788, et regagna lentement les Alpes par Florence et Milan. Il lui sembla qu’il partait pour l’exil : l’Italie était devenue sa patrie d’adoption.
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Adolphe Bossert Essais sur la littérature allemande

On comprend l’intérêt que devait avoir, pour un poète débutant, la conversation d’un homme qui, tout en ayant encore la ferveur de la jeunesse, était déjà au courant de tout le mouvement littéraire. Herder fit connaître à Goethe la Grèce, l’Orient, le moyen âge; il l’initia surtout au charme de la poésie primitive; ils recueillirent ensemble les chants populaires de l’Alsace. Et comme, pour Goethe, la chose suprême n’était pas l’étude, mais la vie, il s’éprit de la fille du pasteur de Sessenheim, Frédérique Brion.
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