Résumé

Portrait de Ernest Seillière Ernest Seillière Goethe et Charlotte de Stein

Le médecin avait joint à sa lettre une silhouette du jeune poète « à la physionomie d’aigle, » selon son expression imagée, et il poursuivait cependant : « C’est un grand génie, mais c’est aussi un terrible homme. Une femme du monde qui l’a rencontré souvent me disait de lui : Gœthe est l’homme le plus beau, le plus vif, le plus original, le plus ardent, le plus impétueux, le plus doux, le plus séduisant, et, pour un cœur de femme, le plus dangereux que j’aie jamais vu de ma vie. »
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Portrait de Ernest Seillière Ernest Seillière Goethe et Charlotte de Stein

Ajoutons que ce Fritz, qu’elle adora jusqu’à son dernier souffle, était un caractère honnête et droit, mais un cœur foncièrement froid, non sans quelque vernis d’égoïsme. Des deux mariages qu’il contracta successivement en Silésie, où il s’était fixé dans l’espoir d’un avancement plus rapide qu’à Weimar, le premier finit par la mort prématurée de sa jeune femme, dont il n’avait pu gagner l’affection confiante, le second par la retraite rapide de sa nouvelle compagne, qui retourna vers les siens, désespérant de trouver près de son époux le bonheur.
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« Je veux devenir le maître, » écrit Gœthe à Charlotte en ce temps, et telle sera désormais son « impérialiste » devise : à savoir le maître de lui-même avant toutes choses. L’effort vers la maîtrise de soi a en effet laissé sa trace dans toutes ses belles poésies lyriques de ce temps.
C’est que le favori du duc Charles-Auguste a réfléchi, sans trop le laisser voir, sur l’initiale réprobation de l’opinion publique à son endroit, sur les avertissemens de Klopstock, de Zimmermann, de Charlotte enfin et surtout.
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