Résumé

Portrait de Ernest Seillière Ernest Seillière La vraie Marguerite de Faust - Frédérique Brion dans la légende et dans la réalité

« Oh ! s’écrie Gambs après ce préambule, combien mon cœur s’enflammait de colère à chaque mot de ce discours qui ne s’adressait nullement à moi cependant ! N’était-ce pas là toute mon aventure ? N’avais-je pas été attiré, amorcé de la sorte ? Rentrer dans ma chambre, m’asseoir devant ma table et écrire à Frédérique une lettre de congé dans toutes les formes, ce fut pour moi l’affaire d’un instant. Depuis cette époque, je ne me laissai jamais entraîner dans aucune amourette jusqu’au jour où je fus un homme mûr, pourvu d’une situation indépendante. »
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Dans son imagination poétiquement créatrice, l’aventure se développa jusqu’aux conséquences les plus extrêmes qu’elle eût pu comporter dans la vie réelle, jusqu’au crime d’infanticide. Gœthe n’avait qu’à laisser à sa fantaisie la bride sur le cou pour que Marguerite se dégageât sans effort des traits délicats de Frédérique... Il voulut même affirmer cette ressemblance, puisque les attraits si connus de Gretchen, la mutinerie charmante dans les allures, la confiance naïve et sans bornes sont présentés dans Vérité et Poésie comme les attributs les plus caractéristiques de Frédérique.
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Il croyait pouvoir affirmer qu’en 1771 Gœthe avait promis de revenir à Sesenheim pour épouser Frédérique aussitôt que sa situation sociale et son indépendance seraient assurées pour l’avenir. Sa visite de 1779, dont les paroissiens du pasteur avaient gardé le souvenir, n’aurait donc eu d’autre objet que l’accomplissement de cette solennelle promesse. Par malheur, il serait survenu durant son absence un événement qu’il dissimula par délicatesse dans ses Mémoires, s’y donnant tous les torts d’un abandon gratuit et se chargeant fort généreusement d’une faute qui ne fut point la sienne en réalité.
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