Résumé

Portrait de Henri Blaze de Bury Henri Blaze de Bury La Jeunesse de Goethe. — Frédérique Brion

Goethe n’est ni rêveur, ni sentimental, ni enthousiaste, et cependant il y a de tout cela dans ce récit d’une heure fortunée ; il y a surtout du feu, le feu sacré de la jeunesse. Cinquante ans ont passé sur cette douce pastorale de Sesenheim, et il en parle comme si c’était d’hier, et pour décrire toutes les sensations, peindre les moindres fleurettes de ce beau mois de mai de son existence ; il retrouve l’entrain, l’aisance et la sympathie d’un cœur qui ne songe encore qu’à se laisser vivre et se dépenser librement.
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Portrait de Henri Blaze de Bury Henri Blaze de Bury La Jeunesse de Goethe. — Frédérique Brion

Avant-dîner, j’étais allée un moment rôder dans mon cher petit bois du rossignol. Qui trouvé-je là ? George assis sur mon banc et rêvant à l’écart. — George, lui dis-je, que fais-tu là ? — Mais en voici bien d’une autre, et quel est mon saisissement en reconnaissant dans le prétendu George notre visiteur d’hier au soir, qui se répand en excuses, disant que son affreuse redingote grise lui était devenue insupportable, et me suppliant d’être à l’avenir aimable et gracieuse pour le George de Strasbourg comme je paraissais l’être pour celui de Drusenheim !
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Portrait de Henri Blaze de Bury Henri Blaze de Bury La Jeunesse de Goethe. — Frédérique Brion

Lorsque Goethe, huit ans plus tôt, le cœur et le cerveau troublés, s’en retournait à Strasbourg après avoir quitté sa maîtresse, il avait par une étrange illusion vu, un peu avant d’arriver à Drusenheim, mais vu distinctement, ce qui s’appelle vu, un autre Goethe, également à cheval, venir à sa rencontre, vêtu d’un habit gris perle, à paremens d’or, comme lui, le vrai, l’authentique Wolfgang, n’en avait jamais eu dans sa garde-robe.
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