Résumé

D. Stern Revue des Deux Mondes

Une abjuration est un acte de foi, et dans la vie de ce mordant sceptique, un acte de foi est la plus inconcevable des anomalies. M. Henri Heine, en vers comme en prose, s’est raillé de tous les dieux et de Dieu. Non-seulement aucune croyance, mais aucun sentiment aucune idée, ne l’a jamais trouvé fervent ou enthousiaste ; il s’est moqué de la patrie, de l’amour, de l’art, de la nature, de ses amis, de ses proches et de lui même. Poète, il a injurié Goethe, le Jupiter de la poésie moderne, et outragé Platen, le Chénier peut être de l’Allemagne
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D. Stern Revue des Deux Mondes

« Toute cette vie, ce frémissement et ce bouillonnement intérieurs passent sans rien produire et renaîtront peut-être en moi de mille manières sans laisser aucune trace. » Ailleurs encore elle compare ses idées à des papillons sur des fleurs ; « ils fuient, dit-elle, dès qu’elle essaie de les retenir. »
Cependant, délivrée de l’histoire et de la philosophie, Bettina se jette de nouveau, et avec plus d’ivresse, au sein de la nature. Elle prélude, elle improvise sur tous les incidens vrais ou imaginaires de sa vie ; elle poétise toutes ses impressions, tous les battemens de son cœur.
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D. Stern Revue des Deux Mondes

Être bercé, ému, nourri, animé par la vie universelle, tantôt reposant sur son sein, tantôt emporté sur ses ailes, n’est-ce pas là l’amour ? La vie entière n’est-elle pas amour ? Et tu demandes qui tu pourrais aimer ? Aime donc la vie qui t’aime, qui te pénètre, qui, éternellement puissante, t’attire à elle, de qui toutes les félicités émanent. Pourquoi donc faudrait-il que ce soit précisément quelqu’un ou quelque chose à qui tu t’abandonnes ? Reçois tout ce qui te plaît comme une parole tendre, comme une caresse de la vie elle-même ; attache-toi avec enthousiasme à la vie qui t’anime.
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