Maurice Muret

Résumé

Maurice Muret Revue des Deux Mondes

Carducci n’est-il pas avant tout le barde ému de la patrie ? Son œuvre poétique, c’est en vérité l’histoire du Risorgimento considéré à travers un tempérament classique.
D’autres ont été citoyens du monde. Carducci n’a jamais prétendu qu’à la dignité éminente de citoyen romain. Civis romarins sum : ce titre lui parut toujours assez glorieux. Il malmène les Italiens, mais il ne met rien au-dessus de l’Italie. Il voit en elle une très grande personne morale, la plus grande personne morale de tous les temps. Naturellement, c’est l’Italie antique qu’il admire par-dessus tout.
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Maurice Muret Revue des Deux Mondes

Historien, il reste artiste. Il répudie comme une erreur du goût toute érudition insolente et qui s’étale et qui se pavane. Par ses qualités de mesure et d’harmonie, la richesse et la pureté toscane du vocabulaire, la cadence de la période, la splendeur des images, sa prose n’est pas inférieure à sa poésie.
Elégante et vivante, précise et colorée dans la critique littéraire et l’histoire, cette prose revêt, dans d’autres domaines, d’autres qualités. Homme d’étude et de cabinet, Carducci n’en savait pas moins parler au peuple, à la plèbe, comme il disait en tout respect.
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Gabriele d’Annunzio aime aussi bien son pays de tout son cœur et de toute son âme. Il semblerait que l’Italie dût lui en savoir gré. Qu’il est donc déconcertant de voir la plupart des critiques italiens reprocher au contraire à M. d’Annunzio son patriotisme ! J’observe sous ce rapport chez MM. Borgese, Gargiulo et Donati une touchante harmonie. « Ce ne sont pas les pédagogues, écrit M. Borgese, qui ont inoculé à d’Annunzio l’amour de la patrie : l’Italie lui plut à cause de ses belles montagnes et de sa mer si belle, et c’est parce qu’elle lui plut qu’il l’aima. »
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