Résumé

P. Brisset La Poésie et les poètes contemporains en Italie…

L’Italie a besoin de voir se former une école unique où ceux qui possèdent la correction feront des efforts vers la couleur, où ceux dont l’imagination est vive tendront à la régularité et à la pureté. Il y a quelque chose de pis que les querelles, c’est l’indifférence à l’égard des principes contraires à ceux qu’on professe soi-même : il ne s’agit plus d’engager ou de continuer le combat, mais de reconnaître courageusement les qualités qu’on a besoin d’acquérir. Est-ce à dire qu’une telle alliance rendra immédiatement son ancien lustre à la poésie italienne?
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P. Brisset La Poésie et les poètes contemporains en Italie…

Les Italiens au contraire n’écrivent en vers que pour satisfaire un impérieux besoin de leur nature; ils ne chantent que pour s’écouter eux-mêmes et s’enivrer d’harmonie. La poésie n’est pas à leurs yeux un moyen d’expansion et de communication avec leurs semblables, c’est une nouvelle manière de se replier en soi sans nul souci des autres. S’ils y voient une langue, ce n’est qu’une langue vague, indéterminée comme la musique, à laquelle on ne peut demander, sans lui faire violence, l’expression précise de la pensée, et qui ne rend avec bonheur que les sensations.
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P. Brisset La Poésie et les poètes contemporains en Italie…

« La fleur de mort est le plus beau présent qu’à l’homme tu puisses offrir. »
Il est clair que M. Prati souhaite la mort, au moins par figure de rhétorique. A quoi bon ce scepticisme et ce dégoût des grandes choses? De tels sentimens sont-ils sincères ou de convention? Je ne crois pas volontiers au désespoir pratique de l’homme, mais j’imagine que le poète, quoiqu’il ne veuille avouer ni Goethe ni Chateaubriand pour maîtres, ne voit rien au monde de plus poétique que les malédictions et les anathèmes, comme si la poésie primitive n’avait pas été avant tout une œuvre de foi.
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