Résumé

Émile Montégut Le Théâtre contemporain - Madame Caverlet…

Une vieille société corrompue, ouverte de toutes parts aux vers du sépulcre, ne conservant de ses vertus que des lambeaux de politesse et d’élégance, n’ayant plus d’attachement que pour ses vices et impuissante à les satisfaire, une jeune société sans virginité d’âme, brutale sans candeur quand elle sert la vertu, homicide sans remords quand elle sert le vice, pénétrant à la manière des bêtes fauves dans l’édifice lézardé de l’antique civilisation ; voilà bien en raccourci le drame de M. Dumas.
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Émile Montégut Le Théâtre contemporain - Madame Caverlet…

L’horreur du mal est une vertu, mais qui demande à être singulièrement ménagée, car cette horreur, le mal la ressent pour lui-même, et c’est l’imiter que de la pousser trop loin. L’enfer enseigne donc une morale, et, bien que cette morale lui soit ennemie, elle est cependant faite à son image, elle est toujours draconienne, lycurgienne, impitoyable comme lui, au contraire de la morale directement émanée de l’étude du bien, qui seule sait mesurer avec exactitude aux brebis égarées ou même perdues la toison et le vent.
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Émile Montégut Le Théâtre contemporain - Madame Caverlet…

En tout cas, il y a une chose qui ne peut faire question, c’est que l’impression qui résulte des Danicheff est absolument morale et saine. Ainsi, parmi les pièces qui se jouent pour l’heure sûr les théâtres de Paris, il y en a une qui donne un enseignement irréprochable, et c’est celle qui nous présente le spectacle d’une société dominée par la contrainte. S’il n’y a pas là de quoi convaincre, il y a peut-être de quoi faire rêver un instant quelques-uns de ceux-là même qui ne veulent pas être convaincus.
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