Ernest Martinenche

Résumé

Ernest Martinenche Revue des Deux Mondes

On ne peut nier qu’elle n’obéit à aucune préoccupation de polémique. Si elle s’efforce de dégager d’une peinture de la vie espagnole contemporaine une aspiration vers des idées plus larges et plus modernes, elle ne se met au service d’aucun parti, et c’est avec le seul souci de l’art qu’elle présente la thèse qui l’inspira. Elle est une des épreuves, non pas les plus vigoureuses, mais les plus pures de ce drame d’analyse morale que M. Galdós n’a pas cessé de vouloir acclimater sur la scène de son pays.
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Oui, le drame a souffert de la lenteur de l’exposition et de la longueur de quelques scènes. Oui, il n’est pas difficile d’y relever des fautes contre la logique, ou, plus simplement, contre la vraisemblance. Comment admettre, par exemple, que Paternoy dispose d’un pouvoir quasi divin sur ses concitoyens, ou qu’il abandonne du premier coup Salomé à José León ? Je sais bien que, malgré quelques élans humains, il n’a pas une âme ordinaire. Mais ne s’élève-t-il pas en dehors plus encore qu’au-dessus de l’humanité ? Il est intéressant à étudier comme une reprise de l’Orozco de Réalité.
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J’ai peur que ce sentiment de M. Galdós ne soit surtout un ressentiment des critiques qui furent faites à ses premiers essais dramatiques. Sans doute, comme il le dit lui-même, « personne ne soutiendra que le fait d’avoir écrit des poèmes ou des romans puisse interdire à un auteur d’aborder heureusement le théâtre. » Mais je crois qu’on peut encore soutenir que le drame et le roman ont des moyens et des fins assez profondément opposés pour qu’il n’y ait pas lieu de mêler ces deux noms et de fondre ces deux genres.
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