Résumé

L. Viardot Revue des Deux Mondes

En Espagne, personne n’entra dans la carrière qu’il parcourait avec tant d’éclat, sinon à sa suite, et pour l’imiter servilement jusqu’en ses extravagances. Rien, dans le reste de l’Europe, ne pouvait lui donner plus de lumières ou plus d’émulation. En France, la scène était encore abandonnée aux Jodelle, aux Hardy, et l’Italie s’était arrêtée à la Mandragore. Avec Lope de Vega parut un seul autre grand génie, créateur aussi du théâtre de sa nation, unissant des qualités et des défauts à peu près semblables, et qu’il serait aussi facile qu’intéressant de mettre en parallèle.
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L. Viardot Revue des Deux Mondes

Malgré les imperfections du théâtre tragique espagnol, on peut dire qu’il était, à la fin du seizième siècle, égal à celui d’Italie, et bien supérieur, tant à celui d’Angleterre, lorsque Shakespeare parut vers la même époque, que même à celui de France, avant la venue de Corneille un demi-siècle plus tard. Il fallait qu’au milieu de ces essais déjà recommandables s’élevât quelque génie qui fît école, et créât le théâtre national. Ce qui manqua à l’Italie, ce qu’eurent l’Angleterre et la France, l’Espagne devait l’avoir aussi : un de ces esprits puissans, vastes, créateurs, lui fut donné.
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L. Viardot Revue des Deux Mondes

On a vu le théâtre et la comédie naître en Espagne plus tôt qu’en aucun autre pays de l’Europe, sans imitation, par la force des mœurs, et comme un fruit indigène. Il n’en est pas ainsi de la tragédie proprement dite, qui, au contraire, y fut en quelque sorte importée comme une plante exotique. On croit que le premier essai en est dû au poète Boscan, lequel a mérité, dans son pays, le nom de père de la poésie pour avoir substitué au pesant monorime des arabes les rhythmes élégans, variés, de Boccace et de Pétrarque.
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