Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Revue dramatique - 14 mars 1915

Un dernier trait l’achève de peindre et donne à la peinture le suprême accent de vérité : comme Corneille lui-même, son héros « sait ce qu’il vaut et croit ce qu’on lui en dit. » Il a pleine conscience de sa supériorité et il la fait sentir à autrui. Il est orgueilleux, hautain, dédaigneux, — Prusias dit : insolent. Il manie, et de main de maître, l’ironie et le sarcasme. L’ironie est d’un emploi toujours dangereux au théâtre et risque de déconcerter le spectateur, Corneille a joué la difficulté et gagné la partie, — superbement.
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Portrait de René Doumic René Doumic Revue dramatique - 14 mars 1915

Il fallait voir le public attentif, empoigné par un intérêt, tout intellectuel, remué par ce frisson du sublime qui passait sur lui. Il fallait entendre comme il acclamait et rappelait les artistes. C’est aussi bien ce qui se passe chaque fois qu’un des chefs-d’œuvre de notre théâtre classique reparaît sur la scène, monté avec un peu de soin. Plus que jamais nous comptons sur la Comédie-Française pour ne nous être pas avare de ces nobles jouissances.
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Portrait de René Doumic René Doumic Revue dramatique - 14 mars 1915

Quelle n’est pas la toute-puissance de la mode sur un écrivain uniquement soucieux de réussir ? Thomas Corneille est un homme de goût, bien élevé, d’esprit cultivé, qui fréquente la meilleure société ; mais la mode est à la grossièreté : il se met à la mode, comme nous avons vu, il y a une trentaine d’années, les plus délicats de nos écrivains faire leurs premières armes sous la bannière fangeuse du naturalisme. En 1650, il transpose du théâtre espagnol son Bertrand de Cigarral, dont l’ignoble héros a pour trait distinctif d’être couvert de gale, et s’en vante !
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