Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Shakespeare et le drame (1905)

Mais à comparer Shakespeare à Homère, comme le fait Gervinus, ce qui apparaît d'une façon particulièrement éclatante, c'est cet espace infini qui sépare la vraie poésie de son simulacre.
Aussi loin de nous que soit Homère, nous nous transportons sans aucun effort dans la vie qu'il nous décrit. Et nous nous y transportons surtout, parce que, aussi étrangers pour nous que soient les événements racontés par Homère, il croit ce qu'il dit, et dit sérieusement ce qu'il dit ; aussi il n'exagère jamais et jamais le sentiment de la mesure ne le quitte.
Source : Gallica

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Shakespeare et le drame (1905)

On peut, sans rompre l'illusion, ne pas dire tout ; c'est le spectateur ou le lecteur qui se dira le reste, et parfois, précisément à cause de cela, son illusion se renforcera; mais dire ce qui est superflu, c'est la même chose que de jeter à terre une statue formée de pièces séparées, ou enlever la lampe de la lanterne magique ; l'attention du lecteur ou du spectateur se détourne, le lecteur voit l'auteur, le spectateur — l'acteur, l'illusion disparait, et rétablir l'illusion est parfois déjà impossible. Aussi sans le sentiment de la mesure il n'y a pas d'artiste, ni surtout de dramaturge.
Source : Gallica

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Shakespeare et le drame (1905)

Il en fut toujours ainsi pour le véritable art et il en est ainsi pour tout artiste véritable en général, et pour tout dramaturge en particulier. Il en était ainsi quand le drame était une affaire sérieuse, et il devrait en être ainsi par la nature des choses ; celui-là seul peut écrire un drame qui a quelque chose à dire aux hommes, et quand ce quelque chose est ce qu'il y a de plus important pour eux, à savoir : quel est le rapport de l'homme vis-a-vis de Dieu, du monde, de tout ce qui est éternel, infini.
Source : Gallica

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