Paul Sirven, Vittorio Alfieri VI (1947)
“ Le roi Lear est fort âgé ; il aspire à la retraite, mais avant de se retirer il désire partager ses biens ses royaumes — entre ses enfants, se réservant, comme il est juste, les moyens de vivre à son aise. ”
Le Roi Lear, tragédie de William Shakespeare, explore les tensions entre pouvoir, famille et vérité à travers une double intrigue. Le roi Lear, divisant son royaume selon l'amour de ses filles, découvre l'ingratitude de ses enfants, tandis que le comte de Gloucester confronte les manœuvres de son fils bâtard.
Des auteurs comme Paul Sirven ou A.-M.-J. de Larue de Mareilles ont analysé cette œuvre pour ses thèmes universels, soulignant sa justesse dans l'expression des souffrances humaines. Les deux éditions publiées en 1608 et 1623, ainsi que ses adaptations, attestent de sa pérennité comme chef-d'œuvre shakespearien.
Paul Sirven, Vittorio Alfieri VI (1947)
“ Le roi Lear est fort âgé ; il aspire à la retraite, mais avant de se retirer il désire partager ses biens ses royaumes — entre ses enfants, se réservant, comme il est juste, les moyens de vivre à son aise. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Cette âme qu’il avait débarrassée peu à peu de tous les vices inoculés par la toute-puissance, il la prostituerait, une fois épurée, à la toute-puissance. Il rendrait à la monarchie ce cœur reconquis sur la monarchie. Contradiction absurde, impossible, que le maître n’a pu sanctionner ! Il est une majesté plus haute que la royauté, c’est la paternité. Après avoir recouvré le titre de père, Lear ne saurait sans déchéance reprendre le titre de roi. Pour faire une fin digne de lui, il ne doit pas expirer misérablement en agitant un sceptre, il doit mourir d’amour en embrassant son enfant. ”
William Shakespeare,
Le roi Lear
“ KENT.—Royal Lear, vous que j'ai toujours honoré comme mon roi, aimé comme mon père, suivi comme mon maître, et rappelé dans mes prières comme mon puissant patron... ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Cette pièce intitulée : La vraie Chronique du roi Leir et de ses Trois Filles, avait été enregistrée au Stationers’Hall le 14 mai 1594 et publiée par le libraire John Wright en 1605. C’est sur le texte de cette rare édition qu’ont été traduits les nombreux extraits que le lecteur trouvera plus loin. Le Roi Lear a traversé de singulières alternatives d’éclat et d’obscurité. ”
William Shakespeare,
Le roi Lear
“ Glocester. – Oui, mon bon seigneur. Lear. – Le roi voudrait parler à Cornouailles. Le père chéri voudrait parler à sa fille ; il exige d’elle son obéissance. Sont-ils informés de cela ? — Par mon sang et ma vie ! violent ? le duc violent ? dites à ce duc si colère.. – Mais non, pas encore ; il se pourrait qu’il fût indisposé. La maladie a toujours négligé tous les devoirs auxquels est soumise la santé : nous ne sommes plus nous-mêmes quand la nature accablée commande à l’âme de souffrir avec le corps. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Peu lui importe le sort des nations qu’il jette ainsi pour hochets à ses enfants. Le dévouement au prince tient lieu de tout mérite. La plus digne de gouverner le peuple sera celle qui aura témoigné le plus d’attachement au roi. Et comment Lear saura-t-il laquelle de ses filles l’aime le plus ? En les interrogeant. Ce n’est pas en actions que leur amour devra se manifester, c’est en paroles. ”
A.-M.-J. de Larue de Mareilles, Aux armées. Il fut : que sera-t-il… (1814)
“ Il sera toujours beau d'avoir versé son sang pour la Patrie. Vous êtes le premier ornement du trône ; et si', un jour, vous êtes appelés à de nouveaux sacrifices , c'est sur vous que le Roi compte ; vous avez mérité sa confiance, vous combattrez pour lui ”
A.-M.-J. de Larue de Mareilles, Aux armées. Il fut : que sera-t-il… (1814)
“ Ralliez-vous autour du trône; faites cause commune avec tous les gens de bien, et loin de prendre rang parmi les factieux, prouvez à votre Roi que le même esprit qui vous anima sous un chef qui vous fit servir à son ambition en vous persuadant vainement qu'il voulait la paix, vous anime encore aujourd'hui, et que vous ferez, tant pour l'honneur du trône que pour soutenir la gloire du, nom Français, de nouveaux sacrifices avec un dévouement sans bornes, parce que vous n'en ferez plus d'inutiles. ”
Stéphen Liégeard,
Les Grands coeurs
(1882)
“ De la bouche altérée elle approche son sein, Et la tendresse, à flots, avec le lait s'épanche : Ses baisers sur l'élu descendent, tiède essaim ; Leur vol, en se jouant, sèche les pleurs moroses ; Pour ce fils, son orgueil - hélas ! et son effroi, Elle craint jusqu'au pli de la feuille des roses... Et cependant le voudrait roi 1! Roi, certes il va l'être, - éternel, quand tout passe, Roi de par son génie et non moins par son coeur, Roi, tel que l'aigle altier, alors qu'il fend l'espace, L'aile sur tout sommet, l'ongle sur tout vainqueur : Roi de ces pics sacrés que l'orage environne ”
A.-M.-J. de Larue de Mareilles, Aux armées. Il fut : que sera-t-il… (1814)
“ Depuis plusieurs années il avait séparé sa cause de celle des peuples, il avait oublié qu'un Roi ne peut être digne du trône, et le conserver, qu'en unissant ses efforts à ceux du peuple, qui, en le nommant son chef, ne veut cependant pas être victime de sa tyrannie, ou le jouet de ses caprices. ”
Emmanuel de Las Cases,
Mémorial de Sainte-Hélène
“ Deux partis, disait l’Empereur, divisaient la cour et la famille régnante : l’un était celui du monarque, aveuglément gouverné par son favori, le prince de la Paix, lequel s’était fait le véritable roi. ”
Alain-René Lesage,
Histoire de Gil Blas de Santillane
(1879)
“ Je suis donc ici, disois-je, pour avoir contribué aux plaisirs de l'héritier de la couronne ! Quelle imprudence aussi d'avoir rendu de pareils services à un prince si jeune ! Car c'est sa grande jeunesse qui fait tout mon crime. S'il étoit dans un âge plus avancé, le roi peut-être n'auroit fait que rire de ce qui l'a si fort irrité. Mais qui peut avoir donné un semblable avis à ce monarque, sans appréhender le ressentiment du prince ni celui du duc de Lerme ? ”
Jean-Baptiste-Charles Vial, Le dessert : contes en vers et poésies diverses (1833)
“ Les princes étonnés et respirant à peine, Cherchent à s'assurer, d'une main incertaine, Si quelque illusion n'abuse point leurs sens. Ces lingots d'or, ces diamans, D'un magique pouvoir sont peut-être l'ouvrage, Et tremblant de détruire un songe trop heureux ils veulent du toucher joindre le témoignage Au témoignage de leurs yeux. Mais le Roi s'est troublé, sa force l'abandonné ; Sur son front pâlissant s'ébranle sa couronne. ”
D. Citerne, Dévouement et mort de Lamoignon-Malesherbes… (1821)
“ Dont le prince n'osa protéger les vertus, Quand vous disparaissez, quand le trône n'est plus, Brûlant à son déclin d'une flamme céleste, Prêt à rendre la vie, en ranime le reste, Et fidèle à ce roi, jusqu'au dernier soupir, Accourt le consoler, le défendre et mourir. ”
Jules de Presles, Conseils sur la royauté, à Mgr le Cte de Paris… (1846)
“ Quand on porte un regard d'ensemble sur les évènemens de la première race de nos Rois, c'est une tourmente, un choc continu des flots tumultueux de cette mer humaine. Aussi, dans ces temps, la royauté se montre à son état rudimentaire; la guerre est tout, elle est partout; le Roi n'est qu'un chef élu et porté sur le pavois par ses compagnons d'armes. ”
Du Néron, du Titus du XIXe siècle… (1815)
“ Ce n'est point par de nombreux courtisans, par le faste, par le luxe, qu'un Roi est véritablement grand : c'est par son amour pour son peuple. Tel était le Monarque que nous avait rendu la Providence ! Aussi, à la nouvelle du débarquement du tyran , chacun demande à marcher contre lui. Déposant sa confiance dans l'honneur français, le Roi dirige des troupes contre Buonaparte. Un maréchal, qui avait moissonné des lauriers dans les combats, tombe aux pieds du Souverain, proteste de sa fidélité à sa personne, et demande à marcher contre l'oppresseur de la patrie. ”
François d’Aure, Dipné, infante d’Irlande tragédie…
“ Que crains-tu, pauvre fille, ayant le Roi des Rois [1695] Qui te met à couvert sous l'ombre de sa Croix. Le Roi Est-ce là cette bouche où le baiser fidèle M'eût mis au rang des Dieux, non non, ce n'est pas elle. Si le sang ne ment point, pourtant je ne sais quoi Me dit au fonds du coeur que ce sang est à moi. ”
Marquise de Créquy,
Souvenirs de la Marquise de Créquy de 1710 à 1803
“ On sait avec quelle douleur il apprit sa maladie qui lui fit verser des larmes, et peut-être est-ce à l’assiduité et la ferveur des prières de ce grand Prince que la France est redevable de la conservation de son Roi. Souvent on lui entendait dire : Le Roi est notre maître, nous sommes ses sujets ; ainsi nous lui devons respect, attachement et obéissance. ”
“ Je me rendrais l’appui de la gloire des Rois,Je vengerais le trône ou bien je périrais.DIOCLÉE. Laissez faire le Roi.LYDIE. Le Roi même autoriseOu semble autoriser cette injuste entreprise. Un rebelle aime un trône, un Roi l’y veut porter,Et lui-même en descend pour l’y faire monter ;Ô Dieux ! Le souffrez-vous ?DIOCLÉE. Rendez-vous-en certaineDevant que de montrer une si juste haine,Si d’un si fol amour il s’était détaché Votre haine est un feu qu’on doit tenir caché.LYDIE. J’empêcherai du moins en la faisant paraîtreQu’en ce cœur aveuglé l’amour puisse renaître. ”
Le 15 décembre 1840 ! La loge-chapitrale de la Bonne-Union… (1841)
“ Hélas! les revers et les désastres frappent les nations et les princes les plus puissants comme ils frappent individuellement les autres hommes ! L'Empereur et Roi succombe sous les efforts de l'Europe coalisée et agissant tout entière : tous contre un ! Prince devenu malheureux , mais toujours Français , il ne rend pas son épée ; il la brise et préfère tomber du trône plutôt que de l'occuper souillé par la main de l'étranger. La mort l'avait épargné sur les champs de bataille. Il ne pouvait périr par un lâche suicide. Il va se confier à son plus ancien ennemi ”
Armand Putois, Petites lectures sur la lois (2e édition… (1864)
“ Le Roi des Rois n'a point, prescience infinie, Auréolé tout front de gloire et de génie; Sur chaque champ sa main n'a pas semé les ueurs Il a partout versé d'inégales douleurs, Et d'inégaux plaisirs et d'inégales peines ”
Olivier Leroy-Kéraniou, Le Sacre du Roi , ode suivi d'un petit poème sur la mort de Louis XVIII et sur l'avènement de Charles X au trône… (1825)
“ Français, versez des pleurs!. Il n'est plus ce bon Roi. Rien n'a pu l'arracher à la commune loi. Nos plaintes, nos soupirs; notre ardente prière, Rien n'a pu prolonger sa brillante carrière. Ah! que n'as-tu, Seigneur, plus juste en ton courroux, Épargné notre Prince et tonné contre nous ! On nous aurait vus tous, adorant ta justice, Pour sauver notre Roi, voler au sacrifice. Par le plus grand des maux tu veulus nous punir: Dieu cruel! sois content, et laisse-nous mourir!. ”
Marie-Antoinette,
L'Ami de la Religion et du Roi…
(1816)
“ Ses alliés l'aiment, et ont une entière confiance en lui. S'il a quelque voisin inquiet, hautain et ambitieux, tous les autres Rois voisins, qui craignent ce voisin, et qui n'ont aucune jalousie du Roi pacifique, se joignent à ce bon Roi pour l'empêcher d'être opprimé. Sa probité, sa bonne foi, sa modération, le rendent l'arbitre de tous les États qui environnent le sien. Pendant que le Roi entreprenant est odieux à tous les autres, et sans cesse exposé à leurs ligues, celui-ci a la gloire d'être comme le père et le tuteur de tous les autres Rois. ”
Henri Duclos,
Madame de La Vallière et Marie-Thérèse d'Autriche…
(1869)
“ Le Roi est grand, les épaules un peu larges, la jambe belle, danse bien, fort adroit à tous les exercices. Il a l'air et le port d'un monarque, les cheveux presque noirs, taché de petite vérole, les yeux brillants et doux, la bouche rouge ”
Jacques Boulenger, Les Romans de la table ronde (1922)
“ Et, en le voyant partir, tous ceux qui silencieusement pleuraient aux fenêtres se mirent soudain à crier de toutes leurs forces : — Roi, prenez-le ! Roi, prenez-le ! — Que voulez-vous ? demanda le roi, stupéfait, en s’approchant. ”
Bertrand de La Tour, Vie du frère Irénée [C.-F. Lancelot Dulac de Montisambert… (1892)
“ Il était obligé de se tenir couché du môme côté, dans la même situation; quand on lui demandait s'il n'y aurait pas quelque moyen de le soulager : « Je suis, disait-il, plus heureux qu'un roi sur son trône, je ne voudrais pas changer mon état pour tous les trésors du monde. » ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ « Sire, vous êtes le roi des braves, votre fidèle noblesse est accourue à l’envi pour vous rétablir sur le trône de vos ancêtres et pour mourir avec vous : seconderez-vous ses efforts ? — Je les seconderai, » lui répondit le monarque : paroles imprudentes dans le roi et dans le maréchal, qui, circulant de parti en parti et de rang en rang, déconcertèrent les royalistes aveuglés qui tenaient encore à cette monarchie éphémère des feuillans, qui allait être effacée de la surface de la terre. Le roi faisant la revue de ses troupes, put reconnaître que leur fidélité n’était pas unanime. ”
Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XVIII,… (1824)
“ Puis, poussant son cheval sur les bords du Rhin, et s'adressant aux soldats: « C'est moi, leur dit-il, qui suis votre Roi, ou plutôt votre père; vous êtes tous mes enfans. Je viens mettre un terme aux malheurs dont la France est accablée : ceux qui vous disent le contraire vous trompent » A ces mots une voix s'élève et dit : « Criez Vive le Roi! — Non, non reprit vivement Louis XVIII: vous pourriez vous compremettre. Le jour n'est pas éloigné, j'espère, ou vous pourrez le faire sans crainte.» ”
Denis Diderot,
Correspondance inédite de Grimm et de Diderot…
(1829)
“ J'ai vu ce roi guerrier et philosophe, guerrier jouissant dans le repos de la gloire de ses travaux, philosophe assis sur le trône sans faste, monarque dont le nom ne peut peut être prononcé en ce lieu sans le plus profond respect, et qui, s'il n'était pas le premier homme de son siècle, serait encore par ses talens et ses écrits une des plus grandes lumières de l'église universelle. ”
Émilien Cazes, Le Château de Versailles et ses dépendances… (1910)
“ Le garde du corps ayant demandé qui c'étoit, on dit : « Ouvrez, sentinelle, c'est le Roi. — Le Roi doit être couché à présent, je n'ouvrirai point et vous ne passerez pas, qui que vous soyez, qu'avec la lumière. » Il a fallu, sans autre raison, attendre et aller chercher de la lumière. Alors il a ouvert, il a reconnu le Roi. ”
Jules Lemaître,
Les Rois
(1907)
“ On la sentait butée de nouveau, soit par un entêtement de brute, soit par une terreur vague des conséquences de ses aveux. Le roi lui dit : — Prenez bien garde. Si vous dissimulez quelque chose, on vous croira plus coupable encore que vous ne l'êtes. Et puis tout se découvre... Enfin, mon enfant, c'est le roi qui vous interroge, et le roi n'est pas votre ennemi... ”
Jules de Tardy Rossy, Beaucoup de choses à propos de chenilles… (1873)
“ Le Roi est mort, s'écrieraient de nos jours les défenseurs fidèles du drapeau de la Monarchie, les derniersvengeurs de l'honneur et du droit, les seuls vrais royalistes en un mot, le Roi est mort, vive la France ! ”
Jean-Marie-Vincent Audin,
Relation jour par jour, heure par heure…
(1824)
“ Français ! si nous ne pouvons sauver la vie du Roi, nous nous associerons du moins à son dernier combat; nous voudrons l'aider à conquérir la couronne immortelle, et lui ouvrir, par les armes de la prière, cette cité céleste où règnent déjà tant de saints de sa noble race, et où, assis à leurs côtés, il deviendra, comme eux, le protecteur de la monarchie. ”
C***, Les journaux et le ministère en présence de l'opinion publique (1829)
“ Malheur à qui tenterait de persuader an peuple dévoué qu'un Prince, modèle de chevalerie, de démence et de loyauté ; qu'un Roi, continuateur du règne à la fois difficile et glorieux de notre immortel législateur, son auguste frère, puisse songer un instant à replonger la nation française dans les ténèbres et le chaos, en élevant le pouvoir au-dessus du pouvoir même, et se plaçant au-dessus de ces lois sublimes directement émanées de sa puissance légitime ! ”
Pictaviensis Gulielmus, Histoire des ducs de Normandie…
“ Ignores-tu que je suis le roi des Francs, que tu es tenu de servir en chevalier, dont tu ne dois jamais méconnaître les avis et les ordres? Mes ennemis et les tiens ne se réjouiront-ils pas de nos dissensions? Renonce donc dès à présent à cette résistance de ton cœur obstiné, hâte-toi de te mettre [p. 99] en marche et de te rendre auprès de moi, afin qu’unis par les liens d’une paix inviolable, nous jouissions ensuite, dans une douce concorde, des avantages que nous pouvons nous assurer réciproquement; que le roi se réjouisse de son illustre duc, et le duc de son roi très-chéri. ”
Jean-André de Saur, Pétition du Cte Saur,... à la Chambre des Députés…
“ Non content d'entourer son trône d'illustres guerriers, de magistrats distingués, de savants renommés nés parmi nous, le Roi veut encore nous conserver les hommes d'un pareil mérite qui, nés dans des pays étrangers, étoient devenus François par la conquête, et que la paix pouvoit enlever à la France. ”
“ On vole un trône, on prend un peuple en une attrape, Mais il est de bon goût d'en rire un peu sous cape Et de cligner de l'oeil du côté des malins. Etre sa propre dupe ! ah ! fi donc ! verres pleins, Poche pleine, et rions ! la France rampe et s'offre ; Soyons un sage à qui Jupiter livre un coffre, Dépêchons-nous, pillons, régnons vite. — Mais quoi ! Le pape nous bénit ; czar, sultan, duc et roi Sont nos cousins ; fonder un empire, est facile ; Il est doux d'être chef d'une race ! ”
Henri Lemaire, Beautés de l'histoire de la maison royale de France… (1821)
“ Le monarque leur fit plusieurs questions auxquelles ils répondirent avec une naïveté touchante : « Leur mère était morte depuis deux jours; le père, malade et couché sur la paille , n'avait ni pain ni feu. » Et ils pleuraient amèrement en annonçant leur crainte de le perdre. Le Roi voulant s'assurer par lui-même de la vérité du fait, les suivit jusque dans leur chaumière , et vit là qu'ils ne lui en avaient point imposé; alors le prince , cédant à l'impulsion de son coeur sensible et généreux , donna de l'argent au malade , et, de retour à Versailles , lui envoya des secours et des meubles. ”
