L.-A. Bourgault-Ducoudray

Résumé

L.-A. Bourgault-Ducoudray Revue des Deux Mondes

Puis l’apparition prend corps : l’œil distingue de plus en plus nettement la colonnade supportant la coupole du temple ; et la salle mystérieuse du Graal émerge des ténèbres, comme si l’imagination du spectateur en engendrait la merveilleuse vision. Tout ce qui va suivre jusqu’à la fin de l’acte est indescriptible et sublime. La scène du Graal est d’un bout à l’autre l’expression la plus transcendante de l’art lyrique moderne. Tout est prodigieux et nouveau : conception, musique, mise en scène. Dans maint opéra se rencontrent des scènes que j’admire profondément !
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L.-A. Bourgault-Ducoudray Revue des Deux Mondes

Ce que nous pouvons imiter de Wagner sans péril, c’est l’unité plus grande à réaliser dans l’œuvre d’art, c’est l’agencement très perfectionné de son théâtre : son excellente acoustique, l’obscurité dans la salle, l’orchestre invisible, la logique de la mise en scène, le mouvement et l’animation expressive chez les masses chorales. Mais gardons-nous bien de copier ses procédés servilement, nous perdrions nos qualités, sans gagner les siennes. Restons nous-mêmes ! N’oublions pas que si Wagner s’est élevé si haut, c’est en suivant la voie la plus conforme à sa nature et à son génie !
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L.-A. Bourgault-Ducoudray Revue des Deux Mondes

L’obscurité dans la salle supprime la résistance qu’opposent les impressions extérieures à l’illusion scénique, à peu près comme la machine pneumatique, en faisant le vide, supprime la résistance de l’air. L’âme du spectateur qui se trouve ainsi arrachée au monde réel se précipite avec ardeur vers la fiction, se plonge avec amour dans l’irréel. En même temps qu’elle isole le spectateur et nourrit son attention en l’absorbant, la concentration de la lumière sur le point unique où le drame se déroule donne à l’illusion scénique une puissance irrésistible.
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