Paul Claudel

Paul Claudel

Résumé

Portrait de Paul Claudel Paul Claudel La Revue de Paris

Tannhäuser, c’est le vin en bois, âpre et rêche à la langue, mais avec cette verdeur et cette droiture, avec ce kick que les natures fortes toujours préfèrent aux savantes alchimies de l’âge. Les cuivres, si grossiers parfois, et rappelant les fanfares à demi foraines de Rienzi, ont une sincérité, une virilité rauque, qui nous prend aux entrailles, une fureur, un rugissement de lion, que toutes les cascades et armatures de dièzes de Tristan ne suffiront pas à remplacer. C’est la jeunesse, quoi ! c’est l’homme animal dans toute sa sublime et obscène grandeur !
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Portrait de Paul Claudel Paul Claudel La Revue de Paris

Naturellement il y a de temps en temps des fondrières cosmogoniques où l’on perd pied, mais d’une manière générale j’aime à voir le jeune Siegfried, l’élément purement humain, constamment vainqueur des nuées et des chimères, de ces monstres sans pieds qui depuis la Réforme sont la malédiction de l’Allemagne.
À gauche. — Je suis de votre avis, L’Or du Rhin d’un bout à l’autre est un délice pour l’oreille et un amusement pour les yeux, une chose complètement allemande et complètement réussie. La sève, la jeunesse, la poésie, la musique, l’inspiration, y coulent à pleins bords.
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Portrait de Paul Claudel Paul Claudel La Revue de Paris

Le Faust et la Critique de la Raison Pure n’ont jamais fait de bien à personne, mais la Sonate Waldstein a été pour l’humanité un bienfait plus grand que la découverte de la vaccine. Et le seul triomphe après tout qu’ait eu l’art au XIXe siècle, la seule réalisation complète, malgré ses insuffisances, qu’il ait obtenue et qui nous donne un peu d’espérance pour l’avenir, c’est en Allemagne que ça s’est passé. Comparez le sort de Wagner et celui de Berlioz, son égal en génie, absolument et définitivement étouffé par de noirs imbéciles !
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