Résumé

C. Bellaigue L’Évolution musicale de Nietzsche

Le théâtre, le théâtre de Bayreuth, allait devenir, autant que l’asile et le sanctuaire, l’école de l’humanité. Et voici qu’au lieu de l’abriter, de la consoler, de l’instruire, le théâtre n’est plus bon qu’à la corrompre. Le danger et le vice du théâtre, c’est de détruire le sens individuel, de le perdre et de le noyer dans l’âme de la foule : « Que m’importe, à moi, le théâtre ? Que m’importent les crampes de ses extases « morales » dont le peuple se satisfait ?...
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C. Bellaigue L’Évolution musicale de Nietzsche

Il ne croit pas à l’existence nécessaire de quelque chose de muet. Il pénètre jusqu’à l’aurore, dans la forêt et dans la nue, dans la gorge et jusqu’au sommet des monts, dans l’horreur et dans la sérénité des nuits, et partout il devine leur désir secret ; eux aussi, ils veulent rendre un son dans la mélodie universelle. Là où le philosophe dit : il existe une volonté qui, dans la nature animée comme dans la nature inanimée, a soif d’existence, le musicien ajoute : et cette volonté veut, à tous les degrés, une existence mélodieuse.
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C. Bellaigue L’Évolution musicale de Nietzsche

Quelques pages plus haut, Nietzsche avait donné de l’idéal de la tragédie, qu’il croyait voir renaître, une originale et vraiment pathétique définition. La tragédie selon lui, doit nous affranchir de l’épouvante qu’inspirent la mort et le temps. Elle nous enseigne qu’un seul moment de notre vie peut contenir quelque chose de supérieur et de vraiment sublime. Tel est le sentiment tragique. Il faut que nous en soyons tous animés. Or, à Bayreuth, le sentiment tragique a fait de nouveau son apparition dans le monde. Il n’est pas de joie plus enivrante que de l’éprouver.
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