Friedrich Nietzsche

Friedrich Nietzsche

Résumé

Portrait de Friedrich Nietzsche Friedrich Nietzsche Le Crépuscule des Idoles

« Ce n’est pas que de la musique » — ainsi ne parle aucun musicien. Je le répète, Wagner ne pouvait créer de toute pièce, il n’avait pas le choix, il devait faire des œuvres décousues, des « motifs », des attitudes, des formules, des redoublements, des complications ; il demeura rhéteur en tant que musicien, — il lui fallut donc, par principe, mettre au premier plan son : « cela signifie... ». « La musique n’est jamais qu’un moyen » : c’était là sa théorie, c’était là, avant tout, la seule pratique qui lui fût possible. Mais aucun musicien ne pense ainsi.
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Portrait de Friedrich Nietzsche Friedrich Nietzsche Le Crépuscule des Idoles

Wagner n’a jamais calculé comme musicien, avec une conscience de musicien : il veut l’effet, il ne veut rien que l’effet. Et il connaît bien l’élément sur lequel il doit produire cet effet ! — Il possède en cela l’absence de scrupule que possédait Schiller, que possède tout homme de théâtre, et aussi ce mépris du monde qu’il met à ses pieds !... On est comédien lorsque l’on a sur le reste de l’humanité un avantage : c’est de s’être rendu compte que ce qui doit produire une impression de vérité ne doit pas être vrai.
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Portrait de Friedrich Nietzsche Friedrich Nietzsche Le Crépuscule des Idoles

Mais il faut dire cent fois à la face des wagnériens ce qu’est le théâtre : ce n’est jamais qu’une manifestation au-dessous de l’art, quelque chose de secondaire, quelque chose qui est devenu plus grossier, quelque chose qui s’adapte au goût des masses lorsqu’on l’a faussé pour elles. À cela Wagner, lui aussi, n’a rien changé : Bayreuth est grand opéra — et pas même bon opéra... Le théâtre est une forme de la démocratie en matière de goût, le théâtre est un soulèvement des masses, un plébiscite contre le bon goût...
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