Résumé

Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau Le Coq et l’Arlequin

Nous ressentons les crampes d‘un arbre qui pousse par saccades avec toutes ses branches. Il y a dans la hâte même de cette sublime croissance quelque chose de théâtral. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre : Wagner nous cuisine à la longue ; Stravinsky ne nous laisse pas le temps de dire « ouf ! », mais l’un et l’autre agissent sur nos nerfs. Ce sont des musiques d’entrailles ; des pieuvres qu’il faut fuir ou qui vous mangent. C’est la faute du théâtre. Il y a du mysticisme théâtral dans le sacre. Ne serait-ce pas de la musique qui s’écoute dans les mains ?
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Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau Le Coq et l’Arlequin

Pour la plupart des artistes, une œuvre ne saurait être belle sans une intrigue de mysticisme, d’amour ou d’ennui. Le bref, le gai, le triste sans idylle, sont suspects. L’élégance hypocrite du Chinois, la mélancolie des paquebots de la Petite Fille, la niaiserie touchante des Acrobates, tout cela, qui est resté lettre morte pour le public de « parade », lui aurait plu, si l’acrobate avait aimé la petite fille et avait été tué par le chinois jaloux, tué à son tour par la femme de l’acrobate, ou toute autre des trente-six combinaisons dramatiques.
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Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau Le Coq et l’Arlequin

Sinon, la partition toute simple de « parade » rend inexplicable une colère que l’audace polyphonique du « sacre du printemps » par exemple, légitimait en quelque sorte.
¶ Les musiciens impressionnistes ont cru que l’orchestre de « parade » était pauvre parce qu’il était sans sauce.
¶ La partition à quatre mains de « parade » est, d’un bout à l’autre, un chef-d’œuvre d’architecture ; c’est ce que ne peuvent comprendre les oreilles habituées au vague et aux frissons. Une fugue se déhanche et donne naissance au rythme même de la tristesse des foires.
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