Jean Cocteau

Élements biographiques

Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau Plain-chant

Je n'ai jamais d'argent et chacun me croit riche,
J'ai le cœur sans écorce et chacun le croit sec.
Toujours sur ma maison mentira cette affiche,
Même un aigle viendrait l'en arracher du bec.
Ainsi veut l'ange, afin que la gloire se cache
Et mûrisse en silence à l'abri des clameurs.
Le fouet de son aile interne me cravache:
Je veux vivre, dit-il; qu'importe si tu meurs.
MON ANGE, LAISSEZ-MOI
Mon ange, laissez-moi m'ébattre dans ce champ;
Aucun œil ne me voit, dites, vous trahirai-je?
La ville, grâce à vous, me croit le cœur méchant,
Mais, au soleil, fondez votre armure de neige.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau Le Grand Écart

Remonter, quitter le casque et le costume, c'est le passage de la vie à la mort. Mais il lui arrive par le tube un souffle irréel qui le fait vivre et le comble de nostalgie.
Jacques vit aux prises avec une longue syncope. Il ne se sent pas stable. Il ne fonde pas, sauf par jeu. À peine s'il ose s'asseoir. Il est de ces marins qui ne peuvent guérir du mal de mer.
Enfin, la beauté strictement physique affiche une façon arrogante d'être partout chez soi. Jacques, en exil, la convoite. Moins elle est aimable, plus elle l'émeut; son destin étant de s'y blesser toujours.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau Vocabulaire, Poèmes

Certes, vous vous couchez comme un ange de neige,
Plus que le bronze lourd, plus léger que le liège,
Sur l'amant dont le spasme enfin vous réjouit;
Sous votre feu glacé la chair se fait statue,
Mais, à la longue, il faut, mort, que je m'habitue
À vous recevoir dans mon lit.
Votre désir ne sait ni l'âge ni le sexe,
Nul d'entre les plus beaux que votre dédain vexe,
Malgré tout, votre amour attire les amants.
Votre baiser, parfois, d'une honte les venge,
Ou bien vous vous couchez entre les deux, bel ange,
Pour d'obscurs assouvissements.
Source : Gutenberg

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