Jean Cocteau

Jean Cocteau

Résumé

Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau,  Plain-chant

“ Je n'ai jamais d'argent et chacun me croit riche,
J'ai le cœur sans écorce et chacun le croit sec.
Toujours sur ma maison mentira cette affiche,
Même un aigle viendrait l'en arracher du bec.
Ainsi veut l'ange, afin que la gloire se cache
Et mûrisse en silence à l'abri des clameurs.
Le fouet de son aile interne me cravache:
Je veux vivre, dit-il; qu'importe si tu meurs.
MON ANGE, LAISSEZ-MOI
Mon ange, laissez-moi m'ébattre dans ce champ;
Aucun œil ne me voit, dites, vous trahirai-je?
La ville, grâce à vous, me croit le cœur méchant,
Mais, au soleil, fondez votre armure de neige.
”
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau,  Plain-chant

“ Le sommeil et la mer sont tes vrais éléments...
Hélas! tu le sais trop, je ne peux pas t'y suivre.
AU MOMENT DE PLONGER
Au montent de plonger tou les vagues du songe
Tu sembles hésiter;
Craindrais-tu, par hasard, qu'à ta suite je plonge
Et du même côté.
Ne crains rien, nos sommeils ont une différence,
Car lorsque je m'endors,
Le cauchemar te mêle aux lieux de mon enfance
Avec mes amis morts.
Tu traverses les bois, les groseilliers, les fermes,
Les routes que j'aimais;
Tandis qu'en la torpeur profonde où tu t'enfermes,
Je ne marche jamais.
”
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Cocteau Jean Cocteau,  Plain-chant

“ L'encre dont je me sers est le sang bleu d'un cygne,
Qui meurt quand il le faut pour être plus vivant.
Du sommeil hivernal, enchantement étrange,
Muses, je dormirai, fidèle à vos décrets.
Votre travail fini, c'est fini. J'entends l'ange
La porte refermer sur vos grands corps distraits.
Que me laissez-vous donc? Amour! Tu me pardonnes,
Ce qui reste, c'est toi: l'agnelet du troupeau.
”
Source : Gutenberg

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