“ Non, ma sœur, ton âme est trop belle Pour être esclave de la mort, Un élu brûlant sur son aile Dans Sion la ville éternelle, A guidé ton suave essor. ? Ils étaient deux, ils sont trois anges A sourire devant tes yeux ; Ont-ils même effleuré nos fanges, Dieu les prit tous trois dans leurs langes Pour te les rendre dans les cieux. Des flots d'une volupté pure, Vous vous enivrez loin de nous ; Quel est ce ravissant murmure Qui s'épand sur notre nature Quand mon cœur s'élève vers vous. Mais hélas ! si tôt vers la tombe Ce faible cœur des cieux retombe. ”
Citations de Deux élégies ()
“ Un mois à peine en son berceau Un angelet au pur sourire, Né seulement pour le martyre Avait pleuré comme une lyre Et s'était ouvert son tombeau. Car ici-bas, même les anges Sont les victimes de la mort, La mort aussi brise les langes ! ”
“ « Oh ! que je suis heureuse » De vider ma coupe de fiel ! » Cependant sans effroi, bénissant mon supplice, » Si Dieu le demandait, je resterais encor » Car je sais ce que vaut l'amour du sacrifice, » Ce que valent les pleurs que contient un calice » Arrosé du sang du Dieu fort ! » Mais le céleste époux, je le sens, me réclame » Mon deuil est achevé, ne versez point des pleurs, » Je sors de la prison où gémissait mon âme » Pour entrer au séjour de l'éternelle flamme » Et des éternelles splendeurs ! » Amis ne pleurez pas, la vie est un martyre, » Mais le Maître divin nous a-t-il oubliés ? ”
