Émile Coquatrix, Le jour des morts : poème (1865)
“ La muse est impuissante à rendre sa pensée; Il déchire vingt fois la page commencée ; Son front brûle, et pourtant, sortis de ce foyer, Tous les vers tombent froids, glacés, sur le papier. C'est qu'on n'exprime bien la joie, en cette vie, Que lorsque Dieu, Madame, hélas ! nous l'a ravie ; Car notre pauvre cœur, mortellement blessé, Pour souffrir le présent, a besoin du passé ; Alors, de nos chagrins dissipant tous les voiles, Ainsi qu'en un ciel noir se lèvent les étoiles, Poètes, nous voyons tout à coup, à nos yeux, Nos plus chers souvenirs se lever radieux. ”
