Émile Coquatrix

Résumé

Émile Coquatrix Le jour des morts : poème (1865)

La muse est impuissante à rendre sa pensée; Il déchire vingt fois la page commencée ; Son front brûle, et pourtant, sortis de ce foyer, Tous les vers tombent froids, glacés, sur le papier.
C'est qu'on n'exprime bien la joie, en cette vie, Que lorsque Dieu, Madame, hélas ! nous l'a ravie ; Car notre pauvre cœur, mortellement blessé, Pour souffrir le présent, a besoin du passé ; Alors, de nos chagrins dissipant tous les voiles, Ainsi qu'en un ciel noir se lèvent les étoiles, Poètes, nous voyons tout à coup, à nos yeux, Nos plus chers souvenirs se lever radieux.
Source : Gallica

Émile Coquatrix Le jour des morts : poème (1865)

Divine poésie, ô mon ange gardien, Toi qui, guidant mes pas sur la route du bien, Me fis le cœur loyal et coulas dans ma tête, Avec l'amour du beau, le culte de l'honnête; Toi qui, pour mettre un frein à de fougueux désirs, Commandas au travail d'occuper mes loisirs Et répandis un peu de lustre sur ma vie, L'espérance aujourd'hui, tu le sais, m'est ravie : Avec mon rêve d'or, qui loin de moi s'enfuit, Mon bonheur sur la terre est à jamais détruit.
Je sens sous la douleur mon courage qui cède, Descends du haut du ciel, descends, viens à mon aide !
Source : Gallica

Émile Coquatrix Le jour des morts : poème (1865)

Depuis plus de trois mois on torture mon cœur : De ce martyre affreux fais-moi sortir vainqueur !
Ne m'abandonne pas à ce désespoir sombre, Qui sur mon front brûlant projette sa grande ombre, Et ne me laisse voir, dans les jours à venir, Que les maux d'un amour que je ne puis bannir.
Oh ! viens, je t'en supplie, en mon âme blessée, De ton souffle puissant ranimer la pensée !
Redonne-moi la force, ainsi que la vigueur, Ramène un seul instant le calme dans mon cœur,
Pour que je puisse au moins, graver, amant fidèle, Mon plus doux souvenir en des vers dignes d'elle !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature