Édouard Delatouche

Résumé

Édouard Delatouche Un bouquet de fleurs : poésies (1858)

Tandis que moi, fleur parfumée, De tous les cœurs je suis aimée.
Emblème de l'humilité, Je me cache sous la verdure
Et jamais ma timidité Ne fait entendre de murmure.
Aussi mon parfum, bien souvent, Attire les âmes timides, Et par moi l'on voit maint amant Ramener les femmes perfides, Car toujours je mets mon bonheur A ne charmer que par le cœur.
En un mot, dans votre noblesse,
Vous n'êtes que des ornements, Tandis que moi, dans ma simplesse, Je suis l'écho des sentiments.
Source : Gallica

Édouard Delatouche Un bouquet de fleurs : poésies (1858)

Chaque fleur qui naît sur la tombe, Où tout homme arrive et succombe, Me semble un vampire effrayant Qui se nourrit de chair, de sang.
Plus sa couleur est fraîche et belle, Plus elle me semble cruelle, Et son parfum même est pour moi Cause de dégoût et d'effroi.
La fragile fleur éphémère Nous dit bien qu'elle est passagère, Et nous montre ainsi le destin
Qu'attend ici-bas chaque humain.
Source : Gallica

Édouard Delatouche Un bouquet de fleurs : poésies (1858)

Tout au beau milieu d'un parterre, Où toutes les fleurs de la terre
Paraissaient, tout exprès pour nous, S'être donné ce rendez-vous, Afin de plaire à Son Altesse, En l'entourant de sa noblesse.
Mais, par un contraste évident, L'on avait au pied du lis blanc Placé, comme en une corbeille, Du réséda faisant merveille, Embaumant l'air de son parfum Et cherchant à plaire à chacun.
Source : Gallica

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