William Shakespeare,
Sonnets de Shakespeare
(1609)
“ Je le vois, mon existence n’est pas de celles qui dépendent de ton humeur. Tu ne peux pas me torturer de ton inconstance, puisque je dois succomber à ta première désertion. Oh ! l’heureux privilège que j’ai là, heureux d’avoir ton affection, ou heureux de mourir ! Mais quel bonheur est assez pur pour n’avoir pas de tache à craindre ? Tu peux me trahir sans que j’en sache rien. XCVI Ainsi je pourrai vivre en te supposant fidèle, comme un mari trompé ; ainsi, le visage de l’amour pourra me sembler encore l’amour, malgré ton inconstance, et ton regard être avec moi, et ton cœur être ailleurs. ”

