Résumé

H. Romand Revue des Deux Mondes

Aussi que de génies éteints, de poètes faillis et d’avortons littéraires ! L’orgueil est un fruit de mort que ce siècle aime trop.
Dire que, sous ce rapport, M. Dumas n’est pas un peu, beaucoup même, de son siècle, je m’en garderais bien. Je ferai pourtant une distinction. Il n’est pas orgueilleux, c’est son défaut ; mais vain, c’est une qualité qui va chez lui jusqu’à l’excès. Cette division est capitale : car l’orgueil est un vice froid, un crime solitaire, sans cœur, formé de haine et de mépris, primitif, sauvage, insociable ; c’est l’égoïsme de l’intelligence et l’idolâtrie de l’égoïsme.
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H. Romand Revue des Deux Mondes

Huit mois avant Henri iii, Christine avait été reçue à corrections au Théâtre-Français. C’était alors une tragédie en cinq actes, emprisonnée dans les trois inévitables unités. C’était la pièce que vous connaissez, moins le prologue si piquant et si fin, moins l’épilogue, si grand et si funèbre ; moins le rôle de Paula, si ravissant et si dévoué. Mais on y trouvait dès lors Christine abdiquant le trône par caprice, comme on quitte un amant, et le regrettant par ennui après l’avoir quitté ; Christine, coquette d’esprit, pédante de cœur, passionnée dans son amour, terrible dans sa jalousie.
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H. Romand Revue des Deux Mondes

De même que le corps n’est que l’enveloppe de l’ame, la forme n’est que le corps de la pensée. Il ne faut pas que le tissu absorbe la trame ; le canevas est fait pour la broderie. L’ordre ne peut être que le rayonnement de l’unité. L’unité, c’est la lumière ; les couleurs dont elle se compose, voilà la variété. La variété dans l’unité, c’est le monde ; magnifique plan sorti des mains du plus grand des architectes.
Dans le drame comme dans la Bible, l’homme est le pivot, le centre, la fin de la création. Que M. Dumas l’étudie donc sous toutes ses faces.
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