Giovanni Battista Marino

Définition et enjeux

Portrait de Philarète Chasles Philarète Chasles Études sur l'Espagne et sur les influences de la littérature espagnole en France et en Italie…

Marino, que ses biographes nomment Marini, et que la France vénéra, de 1610 à 1650, sous le nom du cavalier Marin, sut profiter de diverses circonstances favorables qui, ménagées par son habileté, le conduisirent au point de splendeur littéraire dont nous avons vu tout-à-l'heure le dernier terme.
L'Italie avait dirigé, depuis deux siècles, la civilisation intellectuelle. Après avoir produit Dante, Boccace, Pétrarque, Arioste, Tasse, Bembo, Machiavel, et presque tous les maîtres de l'esprit humain au XVIe et au XVe siècle
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Ce fut donc une grande joie parmi les premiers adeptes de ce cercle italien qui venait d’éclore en 1606, quand on apprit que le plus grand poète de l’Italie, le Marino, invité par le maréchal d’Ancre à visiter la France, allait se rendre à Paris. Il n’y apporta point ce que l’on espérait. On attendait de lui les fruits de la civilisation italienne pure, la poésie du Tasse et de l’Arioste, le génie d’un siècle écoulé.
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Marino n’était point un homme de génie ; c’était un homme d’esprit, charlatan de génie. Il trouva ses contemporains préparés à se laisser séduire par les chants lascifs et les images étincelantes. Il versa le nectar italien dans la coupe d’or de l’Espagne : son siècle s’enivra de ce prestige. Des vices des deux nations, il fit sa séduction particulière ; la sensualité mêlée à l’afféterie, l’emphase dans la recherche, composèrent ce breuvage d’Armide, que le grand Corneille éloigna de ses nobles lèvres. À sa dextérité corruptrice, Marino joignit les adresses et les audaces des chefs de parti
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