Cesare Beccaria,
Des délits et des peines
“ Quoi qu’il en soit, c’est en vain qu’on a essayé chez les modernes d’arrêter les duels par la peine de mort. Ces lois sévères n’ont pu détruire une coutume fondée sur une espèce d’honneur, qui est plus cher aux hommes que la vie même. Le citoyen qui refuse un duel, se voit en butte aux mépris de ses concitoyens ; il faut qu’il traîne une vie solitaire, qu’il renonce aux charmes de la société, ou qu’il s’expose sans cesse aux insultes et à la honte, dont les coups répétés l’affectent d’une manière plus cruelle que l’idée du supplice. ”

