Résumé

Joseph Tissot Le droit pénal étudié dans ses principes… (1860)

Chacun pour soi, la fortune pour tous ; alors l'accusation publique est inconnue comme fonction; elle est même inconnue comme droit dévolu à tous. Il n'y a pas même dénonciation au pouvoir, parce qu'il n'y a pas de pouvoir. Celui qui ressent une injure cherche à la venger : voilà le principe et la fin de toute la procédure. Tous les moyens lui sont bons, pourvu qu'ils conduisent à cette fin : voilà toutes les formes.
Mais dès qu'il y a un pouvoir public, une autorité commune, le délinquant est naturellement accusé par celui qui souffre du délit ; il y a plainte.
Source : Gallica

Joseph Tissot Le droit pénal étudié dans ses principes… (1860)

Non; si c'est ainsi que les choses doivent finir, ce n'est pas ainsi qu'elles commencent, ni même qu'elles continuent.
Le premier mode de procédure, c'est la vengeance. Ici, point de tribunal, point d'autorité, point de formes lentes et circonspectes : on se sent blessé, on frappe celui qu'on croit coupable ; on le frappe, sans certitude souvent, sans choix et sans mesure. Cette procédure négative et sauvage est tellement dans les instincts animaux de l'homme, qu'elle reparait sous l'empire même des lois et des habitudes de la civilisation.
Source : Gallica

Joseph Tissot Le droit pénal étudié dans ses principes… (1860)

Une troisième erreur que le temps et les lumières ont fini par dissiper est celle qui portait à poursuivre les restes mortels d'un accusé ou d'un condamné, qui s'acharnait à sa dépouille matérielle et à sa mémoire ; comme si la société avait mission de rétablir l'ordre absolu ! comme si Dieu n'existait pas ou que les hommes n'eussent aucune foi en sa justice ! comme si enfin la mort ne mettait pas nécessairement hors de cause, au
tribunal de l'humanité, celui qui ne peut plus rien ni pour ni contre ses semblables !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature