Résumé

Portrait de William Shakespeare William Shakespeare Timon d'Athènes : traduit de William Shakspeare et précédé d'une étude par le traducteur (1887)

Entrent Alcibiade, avec tambour et fifre et en équipage guerrier, Phrynia, Timandra.
ALCIBIADE, à Timon.
Qui donc es-tu ? réponds.
TIMON.
Une bête est mon nom Et le tien. Que ton cœur soit mordu par l'ulcère, Pour avoir ramené l'homme sous ma paupière.
ALCIBIADE.
Comment t'appelles-tu ? L'homme est-il odieux A tel point à celui qui vient homme à tes yeux ?
TIMON.
Je suis le Misanthrope et poursuis de ma haine Jusqu'au dernier sujet de votre espèce humaine.
Je voudrais pour ma part que tu fusses un chien Pour t'aimer quelque peu.
Source : Gallica

Portrait de William Shakespeare William Shakespeare Timon d'Athènes : traduit de William Shakspeare et précédé d'une étude par le traducteur (1887)

APEMANTUS.
Moi, rien, que le jeter aux bêtes, Pour être délivré de tous tant que vous êtes.
TIMON.
Mais dans ce grand désastre aux hommes infligé, Te voudrais-tu compris, ou t'es-tu ménagé Chez les bêtes d'avance un refuge, un asile ?
APEMANTUS.
Tu l'as dit.
TIMON.
Oh ! désir d'âme brutale et vile !
Que les dieux à ton vœu puissent avoir égard ! Si t'avait le destin fait lion, le renard T'eût fait sa dupe; agneau, tu serais sa pâture. Suppose-toi renard, si par quelque aventure Près de lui tu venais par baudet accusé,
Aux soupçons du lion tu serais exposé
Source : Gallica

Portrait de William Shakespeare William Shakespeare Timon d'Athènes : traduit de William Shakspeare et précédé d'une étude par le traducteur (1887)

TIMON.
Que le ciel qui les voit
Les récompense. Ami, sois plus gai de visage. Aux vieux l'ingratitude est un autre héritage. Leur sang, demi-figé, coule rare et glacé.
C'est faute de chaleur qu'en eux est épuisé Le désir d'obliger, d'être bons. A mesure Qu'au tombeau plus voisin s'incline la nature, Pour cet autre voyage on se sent engourdi ; Façonné pour la tombe, on marche appesanti. Va chez Ventidius. Ami, plus de tristesse.
La justice et l'honneur — je parle sans faiblesse Du meilleur de mon cœur, et tout sincèrement — Te défendent du blâme, et tout haut.
Source : Gallica

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