“ La force sans frein par son poids roule à terre ; Les dieux l’accroîtront, pourvu qu’on la modère. Mais aussi ces mêmes justes dieux En châtieront tout usage odieux. J’en prends à témoin Gyas, le centimane, Et le tentateur de la chaste Diane, Orion, la fable des forêts Que cette vierge accabla de ses traits. Tellus, avec peine étouffant sa lignée, Pleure ces géants qu’une foudre indignée Plonge au Styx : le feu par eux vomi N’altère pas l’Etna bien affermi. L’antique vautour, bourreau constant du crime, Sur l’affreux Titye à coups de bec s’escrime ”
Horace
Résumé
Les Odes d'Horace, publiées en quatre livres entre 23 et 15 av. J.-C., constituent un chef-d'œuvre de la poésie lyrique latine, dédié à son mécène Maecène. Inspirées par les poètes grecs comme Alcaeus, elles abordent des thèmes universels : l'amour, la vie, la mort, la modération et l'éloge à Octave.
Réparties en 103 poèmes, elles combinent élégance formelle et réflexion morale, avec des formules célèbres comme carpe diem. L'œuvre, à la fois intime et politique, reflète la paix augustéenne et le calme du poète.
Citations de Odes (Horace)
“ N’aie donc point honte de la Muse habile sur la lyre et du chanteur Apollo. On a recherché si un poëme digne de louange était dû à la nature ou à l’art. Pour moi, je ne vois point ce que peut l’étude sans une riche veine, ou, d’autre part, un génie inculte. L’un et l’autre doivent s’entr’aider et conspirer de concert. Celui qui tente d’atteindre dans sa course la borne désirée a beaucoup fait et enduré, étant enfant ; il a sué et grelotté ; il s’est abstenu de Vénus et du vin. Le joueur de flûte qui dispute le prix Pythique a d’abord étudié et craint sous un maître. ”
“ Soit dans les ombreuses vallées de l’Hélico, soit sur le Pindus ou sur l’Hæmus glacé d’où les forêts suivirent Orpheus qui chantait, Arrêtant, par l’art maternel, la chute rapide des fleuves et les vents agiles, tandis que la douceur du chant entraînait les chênes attentifs aux sons de la lyre. Que dirai-je avant les louanges accoutumées du Père, lui qui mène les choses des hommes et des Dieux, et qui règle, à l’aide des saisons variées, la mer et la terre et le monde ? Il n’engendre rien de plus grand que lui-même, rien de semblable, rien qui le seconde. ”
