“ Il avait la vigueur du chêne et un triple airain autour de la poitrine, celui qui livra le premier une nef fragile à la mer terrible et qui ne craignit ni l’impétueux vent d’Afrique luttant avec les Aquilons, ni les tristes Hyades, ni la rage du Notus, ce maître tout-puissant de l’Hadria, qu’il veuille en soulever ou en apaiser les flots. Quelle image de la mort redoutait-il, celui qui, de ses yeux secs, vit les monstres nageants et la mer gonflée et les infâmes écueils Acrocérauniens ? ”
Citations sur “Notus”
Clément Ier,
Les Pères de l’Église
“ Le Christ est le Père ; il est le Fils ; c’est lui qui a souffert, et qui est ressuscité d’entre les morts. Mais ce n’est pas là le véritable sens : les Écritures parlent juste ; mais Noétius les explique à sa guise, et leur fait dire tout autre chose. Mais faut-il rejeter les Écritures, parce que Noétius ne les entend pas ? Quel Chrétien, en effet, ne confesse pas un seul Dieu ; mais de là s’ensuit-il qu’il nie le véritable sens de l’Incarnation ? ”
Clément Ier,
Les Pères de l’Église
“ Il faut donc que Noétius confesse bon gré mal gré, que le Père Tout-Puissant, que Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui a été fait homme, à qui le Père a tout soumis, excepté lui-même, et enfin que l’Esprit saint, composent réellement trois personnes. Que s’il veut savoir comment l’unité de Dieu se démontre, nous lui répondrons que l’unité divine consiste dans sa puissance unique et dans sa vertu unique. Pour ce qui regarde le mystère de l’Incarnation, il y a encore une autre démonstration, que nous indiquerons bientôt, lorsque nous ferons connaître toute la vérité sur ce point. ”
“ Camillus, le dernier des esclaves est notre frère ; et la possession qu’un maître s’arroge sur lui est un fratricide quant à l’homme, une impiété quant à Dieu. — Ton esprit, Novator, habite un autre monde. — Oui, Camillus, mais un monde qui vivra. Ami, ce qui sauvera l’univers en péril, ce qui relèvera cette société tombée, ce seront la foi en Dieu, la liberté de chaque homme, et la fraternité de tous. Ils étaient arrivés dans Rome. ”
“ Ah ! impie Nonotte ! blasphémateur Nonotte ! Prions Dieu, mes frères, pour sa conversion. Ce qui damne principalement Nonotte, Patouillet, et consorts, est précisément ce qui a traduit frère Berthier en purgatoire : c’est la rage du bel esprit. Croiriez-vous bien, mes frères, que Nonotte, dans son libelle théologique, trouve mauvais que l’auteur du Siècle de Louis XIV ait mis Quinault au rang des grands hommes ? Nonotte trouve Quinault plat : quoi ! tu n’aimes pas l’auteur d’Atys et d’Armide ! tant pis, Nonotte ; cela prouve que tu as l’âme dure, et point d’oreille, ou trop d’oreille. ”
“ Dieu! s'écrie le malheureux, je suis sauvé. Fuis, démon infernal, fuis, voilà mon sauveur. Au même instant un ange entra dans la voiture, et s'adressant à l'esprit malin il lui dit: As-tu osé porter tes mains impies sur cette image sacrée? ne sais-tu pas que tu dois la respecter en tout lieu. Esprit des ténèbres, retourne au centre de la terre, c'est là ta demeure éternelle, c'est celle que le divin Créateur t'a donnée. ”
Émile Souvestre,
Revue des Deux Mondes
“ Ce qu’il plaira à Dieu, Niette. dit le jeune garçon avec une sérénité courageuse; nous sommes tous sous sa volonté comme la voile sous le vent. Qui sait s’il ne parlera pas aux cœurs endurcis? Quand le patron me verra tout supporter, peut-être bien que je découragerai sa colère. ”
Émile Souvestre,
Revue des Deux Mondes
“ Elle rougit beaucoup et baissa les yeux. — Chacun se conduit selon sa sagesse et sa volonté, répliqua-t-elle en affectant de filer plus vite. — Ma volonté! répéta Marzou; croyez-vous donc qu’elle soit de quitter le bourg quand vous y restez? Au nom du bon Dieu, ne me dites pas de ces choses-là, Niette; vous savez bien que si mon intérêt se trouve là-bas, mon bonheur sera toujours ici. ”
P. de Rémusat, Newton, sa Vie, ses Écrits et ses Découvertes…
“ Cette bête qui avait des yeux d’homme et une bouche qui proférait de grandes choses, qui paraissait plus forte que les autres, qui faisait la guerre aux saints et qui avait l’avantage sur eux, c’est pour Newton l’église romaine. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Et voilà Nonotte qui fait encore un gros livre, pour prouver à l’univers que, s’il s’est trompé, c’est sur la foi de quelques jésuites ; que par conséquent on doit le croire. Et il entasse, il entasse bévue sur bévue, pour se plaindre à l’univers du tort qu’on lui fait, pour éclairer l’univers très-peu instruit de la vanité de Nonotte et de ses erreurs. Tous ces gens-là trouvent toujours mauvais qu’on ose se défendre contre eux. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ DE NONOTTE. Un autre ex-jésuite, nommé Nonotte, dont nous avons quelquefois dit deux mots pour le faire connaître, fit encore la même manœuvre en deux volumes, et répéta les accusations de déisme et d’athéisme contre un homme assez connu. Sa grande preuve était que cet homme avait, cinquante ans auparavant, traduit dans une tragédie deux vers de Sophocle, dans lesquels il est dit que les prêtres païens s’étaient souvent trompés [33] . Nonotte envoya son livre à Rome au secrétaire des brefs : il espérait un bénéfice, et n’en eut point ”
Anatole France,
Le Petit Pierre
“ C’était un bouquiniste qui étalait ses livres dans des boîtes sur le parapet du quai Voltaire. Ma mère l’avait surnommé Simon de Nantua, du nom d’un marchand ambulant dont elle me faisait lire l’histoire, en un petit livre aujourd’hui tombé dans l’oubli. Simon de Nantua courait les foires avec un ballot de toile sur le dos et moralisait sans trêve. Il avait toujours raison. Son histoire m’ennuya cruellement et j’en garde un triste souvenir. J’y acquis pourtant la connaissance d’une grande vérité : c’est qu’il ne faut pas avoir toujours raison. ”
Jean-François de La Harpe,
Abrégé de l’histoire générale des voyages…
“ Ils brûlent chaque jour de l’encens devant cette espèce d’autel, et, levant la tête, ils grincent trois fois des dents, en priant ce grand Dieu de leur conserver la santé et la raison : c’est à quoi se bornent leurs demandes. Ils ont un autre dieu qu’ils nomment Notigay, et dont ils reconnaissent l’empire sur les choses terrestres, sur leurs familles, leurs troupeaux et leurs blés. Les honneurs qu’ils lui rendent ne sont pas différens de ceux qu’ils adressent au dieu du ciel ; ils lui demandent du beau temps, des fruits, des enfans, et d’autres biens. ”
“ Mon père, le sénateur Claudius, n’a point perdu sa fortune, et je n’ai pas d’intrigues, dit-il. — Envies-tu les bénéfices de la popularité, que tu vas ainsi vêtu comme un Romain antique, avec une tunique de couleur sombre et sans manteau ? — J’ai donné le mien tout-à-l’heure à un fiévreux des Esquiries, répondit Novator. — Dieux immortels ! es-tu privé de la raison ? Achète le peuple avec ton or et non avec ton manteau. — Je n’ai voulu que soulager un frère, dit le jeune Romain, d’une voix grave et calme. — Les patriciens se regardèrent avec étonnement, en murmurant le mot : ambitieux ! ”
Amédée Thierry,
Récits de l’histoire romaine au Ve siècle
“ Retrancher de l’histoire de ce temps ce qui regarde les idées et les faits chrétiens, c’est véritablement en retrancher l’âme, et on ne l’a que trop fait à notre avis. Nous essaierons de la lui rendre dans une portion de nos récits, et nous nous occuperons d’abord de deux héros des guerres dogmatiques du Ve siècle, Nestorius et Eutychès, dont tout le monde sait les noms et peu de gens connaissent les aventures. ”
Amédée Thierry,
Récits de l’histoire romaine au Ve siècle
“ Tel est le résumé du discours de Nestorius tel qu’il le publia lui-même. On y trouve plus de subtilité que de profondeur. Au lieu de discuter le sens élevé du mystère de l’incarnation avec des idées nouvelles, il se borne à des oppositions de mots, à la perpétuelle antithèse du créateur qui ne peut naître de sa créature, de la chair qui ne peut enfanter l’esprit, du fini qui ne peut produire l’infini. ”
E. Beulé, Études et portraits du siècle d’Auguste
“ Othon avait dû relever ses statues et prendre son nom, Vitellius offrir un sacrifice solennel à ses mânes et achever son palais pour devenir agréable à la plèbe romaine. Cet empereur était Néron, l’artiste couronné, qui avait captivé Rome par ses prodigalités, ses orgies, ses fantaisies gigantesques, et dont le règne avait été une fête perpétuelle, Titus était jaloux de Néron. Les dynasties nouvelles ressemblent aux parvenus, qui envient tout à leurs voisins et haïssent la noblesse en essayant de l’éclipser ”
Jules Claretie,
Ruines et fantômes
(1874)
“ Sa lettre, d'ailleurs, est échevelée, emportée, écrite, dirait-on, dans un accès de fièvre : « Quiconque a aimé avec passion peut haïr avec excès. A vingt-trois ans, j'ai répudié tout amour et toute amitié. Je vous apporte aujourd'hui ma liberté; hâtez-vous, demain peut-être j'en ferais un terrible usage. » Il est prêt, au surplus, à braver la prison, l'exil ou l'échafaud. Voilà celui qui sera plus tard le fin narquois, le bonhomme Nodier. La lettre reçue, on l'arrête, comme on pense - bien. ”
Eugène Notin, Panégyrique de Saint-Aignan, patron de la ville et du diocèse d'Orléans… (1867)
“ Dieu jugeait la Rome des persécuteurs, Dieu condamnait l'ancien monde, et dans le lointain, aux plages de l'Asie, dans les sombres forêts de la Germanie, sur les bords du Rhin, c'était le frémissement de cent peuples nouveaux qui s'ébranlaient, tout prêts à se mettre èn marche pour venir enterrer les ignominies de la vieille société païenne, sur ses ruines fonder une société nouvelle, et par la vertu du sang chrétien, injecté dans leurs veines, régénérer le monde. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Mais dans l’Eglise romaine, on distingue ces puissances ou vertus, en divinité & humanité, parce qu’on les considere par rapport aux deux natures. Et ainsi cette diversité de sentimens n’est qu’apparente, puisque les Nestoriens avouent avec les Latins, qu’il y a deux natures en J. C. & que chaque nature a sa puissance & sa vertu. 3° Enfin, il concilie le sentiment des Nestoriens sur le troisieme article avec celui de l’Eglise romaine, par le même principe, s’appuyant sur ce qu’il n’y a qu’une filiation ”
Émile Montégut, Revue des Deux Mondes
“ Mais si l’on veut donner à ce mot de précurseur un sens plus précis, un sens d’initiation et d’invention, je réponds hardiment qu’il n’en est rien. Ce qui me frappe, au. contraire, c’est que Nodier a toujours marché littérairement d’un pas égal à celui de son siècle sans jamais retarder, mais sans jamais avancer d’une heure ni pour le choix des sujets et des sentimens ni pour la forme qu’il convenait de leur donner. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Les hérésies contraires d’Eutychès et de Nestorius, qui ont tant agité l’église primitive, nous présentent un spectacle analogue sur des proportions moins étendues. Nestorius, méditant le mystère de l’homme-Dieu, n’avait pu admettre que la Divinité elle-même eût traversé les vicissitudes de la naissance et de la mort, qu’elle eût enduré les angoisses du jardin des Oliviers et les douleurs du Calvaire. ”
Alexandre Dumas,
La femme au collier de velours
“ Comme le comte de saint-Germain et le taratantaleo, il avait assisté à la création du monde et traversé les siècles en se transformant. Il avait même, sur cette transformation, une théorie des plus ingénieuses. Selon Nodier, les rêves n’étaient qu’un souvenir des jours écoulés dans une autre planète, une réminiscence de ce qui avait été jadis. ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Portraits littéraires, Tome I
“ Je me représente Nodier à ces heures de jeunesse, lorsque, superbe et puissant d’espérance, ou, ce qui revient au même, prodigue de désespoir, il partit pour Paris du pied de sa montagne comme pour une conquête. ”
“ Appellez des tesmoins lors que vous veudrez & achepteez, les tesmoins ny le Notaire n’en recevront aucun dommage. Si vous faites ce qui vous est deffendu vous ferez tres-mal, craignez Dieu il vous enseignera ses commandemens, il sçait tout. Si vous estes en voyage, & que vous ne trouviez point de Notaire, vous donnerez des gages. Si l’un se fie à l’autre, celuy à qui l’on se sera fié satisfera à la promesse, & craindra Dieu son Seigneur : personne ne celera son tesmoignage, celuy qui le celera pechera en son cœur, Dieu sçait tout ce que vous faires. ”
Alexandre Dumas,
Le capitaine Paul
“ Nodier, cet autre ami d'un autre temps, à la mémoire duquel j'ai voué un culte, et que j'évoque chaque fois que mon coeur, aux amis du présent, a besoin d'adjoindre un ami du passé. J'eus recours à Nodier, ma bibliothèque vivante. Nodier recueillit un instant ses souvenirs; puis me parla d'un petit livre in-18 écrit par Paul John lui-même et contenant des mémoires sur sa vie, avec cette épigraphe: Munera sunt laudi. ”
Raoul de Navery,
La fille du roi Dagobert
(1879)
“ Notburge s'attache d'une main à la forte ramure de Fiancus, relève de l'autre les pans de sa robe, puis, confiante, laisse Francus descendre le talus de la rive, et nager rapidement vers le bord opposé.. Elle touche le sol, bénit Dieu de sa délivrance, et suit le cerf sous la voûte ombreuse de grands arbres feuillus. Quelques pas encore et une grotte s'ouvre devant elle ; Notburge y pénètre, entend le bruissement d'une source dans laquelle le cerf se désaltère, puis, brisée d'émotion, tombe sur le tapis de fleurs sauvages dont la terre est émaillée. ”
Amédée Thierry,
Récits de l’histoire romaine au Ve siècle
“ A propos de l’exégèse et de la science des canons, qui devenaient de plus en plus indispensables à mesure que la doctrine ou les conciles accumulaient leurs solutions, on entendit Nestorius dire plus d’une fois que, dans l’interprétation des livres saints, il ne faisait pas plus de cas des morts que des vivans. ”
Gérard de Nerval,
Voyage en Orient
“ Reçois aussi ce souvenir d'un de tes amis inconnus, bon Nodier, belle âme divine, qui les immortalisais en mourant [1] ! Comme toi, je croyais en eux, et comme eux à l'amour céleste, dont Polia ranimait la flamme, et dont Polyphile reconstruisait en idée le palais splendide sur les rochers cythéréens. Vous savez aujourd'hui quels sont les vrais dieux, esprits doublement couronnés: païens par le génie, chrétiens par le cœur! ”
Alfred Vacant, Eugène Mangenot, Émile Amann, Dictionnaire de théologie catholique
“ Voir également Éphêse (Concile d') , t. v, col. 137 sq. On se contentera ici de résumer brièvement l’aspect doctrinal de la controverse engagée par saint Cyrille d’Alexandrie contre les doctrines hérétiques de Nestorius. — 1. L’hérésie de Nestorius. — Le P. Jugie, Nestorius et la controverse nestorienne, la résume en six points, c. ni, p. 91-135 : a) Il n’y a pas de nature complète sans personnalité ou, plus exactement, selon la terminologie nestorienne, sans prosôpon naturel. ”
“ Vous croyez ? — J’en ai la certitude absolue. Il y a dans cette affaire trop de choses incompréhensibles et souvent illogiques, une intrigue qui se développe avec une lenteur trop savamment combinée pour que ce soit naturel. D’ailleurs, nous n’allons pas tarder à voir nos conclusions confirmées. Tel que vous le dit votre fiancé, d’ici quelques jours, la lumière sera faite pleine et entière. — Dieu vous entende, Notaire. Voici ma carte, si vous désirez me voir, vous n’aurez qu’à me téléphoner. Au revoir, Notaire. ”
“ Il répondait, d’un air déçu et repentant, toujours la même chose... Nous continuâmes en chœur : — ... Oui... Mais ce n’était pas ma Vénus ! — Qu’est-ce qu’il est devenu, Sabourin ? Notaire, dans quelque fond de paroisse ? Fait-il encore des vers : il les faisait bien, dans le genre symboliste. — Ce qu’il est devenu ! Je ne vous ai jamais raconté ça ? (C’était Marsan qui parlait.) Oh alors ! Écoutez. C’est une histoire un peu longue mais qui en vaut la peine. ”
Léon Tolstoï,
Critique de la théologie dogmatique
“ La saine raison elle-même, fondée sur les principes de la théologie, ne peut s’empêcher de reconnaître que l’hérésie de Nestorius, qui divisait Jésus-Christ en deux personnes, renverse complètement le mystère de l’incarnation et de la Rédemption. ”
Louis Dufour, Contribution à l'histoire de la médecine… (1924)
“ En Provence, Nostredame passe toujours pour un prophète. Allait-on voir le grand Mistral, il y a quel-ques années seulement, il vous disait aussitôt : « Ne manquez pas de voir la maison de Nostradamus, a Saint-Rémy. Vous savez, II vit toujours ! II y a peu de temps, une jeune fîlle vit Nostradamus qui se chauffait les pieds au soleil : « Bonjour, maître, dit-elle ». ”
