André Léo

André Léo

Résumé

Portrait de André Léo André Léo Revue sociale

S’approchant du fils de Claudius : Novator, dit elle à voix basse, encore une œuvre de Néron ! — Ne t’abuses pas, Délia, dit-il en frémissant, l’imprudence ou le hasard... — Crois moi, reprit-elle, hier je l’ai su par Fénius, Néron, du haut de son palais, contemplait Rome de ce regard fauve dont il marque ceux qui doivent mourir, et il a dit : Je ne suis pas logé en homme. Cet incendie, Novator, est un nouveau crime de Néron. — À ce moment, Sénèque, sombre et courbé moins par la vieillesse que par le chagrin, arriva, donnant le bras à sa femme Pauline.
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Portrait de André Léo André Léo Revue sociale

Tu m’as suivi au temple des Chrétiens, Délia ; est-il une religion plus belle et plus pure ? Au milieu de ce monde criminel, dont les vices t’épouvantent, elle est le phare du salut.
— Que sais-je ? répondit-elle. Le respect des règles établies n’est-il pas notre religion, à nous autres femmes ? Notre esprit ne fut point enseigné à réfléchir. Ce qu’on m’a dit être juste et nécessaire, en m’imputant à crime le doute, puis-je sans frémir te le voir combattre !
— Ô Délia, si je pouvais te convaincre ! tu serais mon épouse dans le ciel.
— Je veux t’aimer sur cette terre, Novator.
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Portrait de André Léo André Léo Revue sociale

Quel est ton secret pour nous sauver, Novator !
— La justice, dit-il. Ami, écoute en ton cœur mes paroles. Sous le règne de l’injustice ou du mal, le bien, détruit en germe, ne peut fructifier. De même que la dureté du maître engendre la haine de l’esclave, de même de mauvaises lois enfantent de mauvais citoyens. L’arbitraire qui insulte continuellement à la dignité humaine, l’ébranle, puis l’abat et enfin la détruit. Rien n’est plus fécond que le mal. Un seul en produit mille, et quand les règles éternelles de la justice sont méconnues par les lois des États, l’homme, ayant perdu bornes.
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