“ Voyons, Thalès, tu es amoureux de Myrtalé, n’est-ce pas ? il n’y a pas de mal, moi j’aime le pain : donne l’un, tu auras l’autre ; ou si, par Zeus, le désir te travaille, mets l’argent dans la main de Battaros, prends ton bien et uses-en comme il te plaira. C’est ton droit. Voilà pour Thalès. Vous, citoyens, puisqu’il n’y a pas de témoins, jugez la cause en conscience. Demande-t-il à interroger les esclaves, je m’offre aussi à la question ; prends-moi, Thalès, torture-moi, mais que la somme soit déposée tout d’abord. ”
Citations de Mimes (Hérondas)
“ BITINNA (à Pyrrhias) . Que fais-tu là sans bouger, à ouvrir de grands yeux ? Vas-tu le conduire où je te dis, oui ou non ? Kudilla, tourne le museau de ce vaurien du côté où il doit aller [5] . Toi, Drachon, suis-le, s’il se décide à marcher. Esclave, donne une guenille à ce misérable pour qu’il cache son membre infâme et qu’on ne le voie pas traverser la place tout nu. Encore une fois, Pyrrhias, tu m’entends bien : dis à Hermon de lui appliquer mille coups d’un côté et mille coups de l’autre. Est-ce compris ? Si tu bronches d’une syllabe, tu paieras, toi-même, capital et intérêts. ”
“ L’intérêt de ce mime est plutôt dans la composition, dans l’habile ménagement des effets, que dans la peinture des mœurs ou des sentiments. Avant de parler au nom de Grullos, l’entremetteuse ne semble donner à la jeune femme que des conseils désintéressés ; elle lui rappelle maint proverbe, maint sage dicton : « La vieillesse vient à notre insu ». « Après le beau temps, l’orage. » C’est bien ainsi, notons-le, que doit parler notre vieille : le peuple a toujours aimé les proverbes, et les femmes qui font le métier de Gullis n’ont pas de meilleur moyen de couvrir leur morale équivoque. ”
“ Tout s’y trouve en effet réuni : jouissances du corps et joies de l’esprit ; les femmes y sont belles à rendre jalouses les trois déesses de l’Ida ; Mandris a cédé sans doute à la tentation, il s’enivre de tous ces plaisirs et s’oublie dans les bras d’une autre femme. Cependant que fait Métriché ? Elle se consume sur sa chaise, elle oublie que sa beauté se fane et que le plaisir n’a qu’un temps. N’est-ce pas folie de sa part de garder sa foi à l’infidèle, et le meilleur parti n’est-il pas de prendre un autre ami ? Ici Gullis fait une pause et vient au vrai motif de sa visite. ”
“ Nous croyons les voir se gorger du vin d’Aischinès, faire chorus avec l’écuyer de Larisse, et, quand ils sont ivres, assister avec des yeux vagues à la scène de violence. Les Syracusaines offrent moins de vigueur, mais plus d’art. C’est assurément le chef-d’œuvre du mime. Rien de plus finement observé, de plus vivant que ces deux bonnes commères : Théocrite a su choisir les détails à la fois les plus comiques et les plus généraux, il a su créer des « types », et c’est là le plus grand mérite de ce célèbre morceau. ”
“ GASTRON. Non, non, je t’en conjure, Bitinna, j’embrasse tes genoux ! BITINNA. Dépouille-le, te dis-je ! (À Gastron) Il faut t’apprendre que tu es un vil esclave et que tu m’as coûté trois mines. Maudit soit le jour où je t’ai fait entrer dans cette maison ! Pyrrhias, gare les coups ! Je vois que tu muses au lieu de l’attacher ; attache-lui fortement les deux coudes ensemble, serre-lui les membres à les lui scier. GASTRON. Bitinna, passe-moi cette faute. Je suis homme, j’ai péché : mais si tu me reprends en faute, fais-moi marquer. ”
“ C’est encore une femme du peuple, une ménagère pauvre, que le poète met en scène dans le mime intitulé Διδάσκαλος. Métrotimé vient trouver le maître d’école pour qu’il mette à la raison son garnement de fils. Kottalos — c’est le nom du mauvais drôle — fait enrager tout le monde, père, mère, grand’mère et voisins. Il est d’une paresse incurable et d’une honteuse ignorance : à peine connaît-il son alphabet, et quand on lui demande une tirade, il distille « comme ferait une urne fêlée » d’abominables rapsodies. Un esclave en sait autant que lui, et comment s’en étonner ? ”
“ Il ne te suffit plus de jouer simplement aux osselets [8] , comme tes camarades : c’est au tripot des portefaix que tu vas jouer de l’argent ? Attends, je te rendrai plus sage qu’une fille et tu n’oseras plus toucher à un fétu, puisque c’est toi qui l’as voulu. Où est la forte courroie, le nerf de bœuf qui me sert à régler leur compte aux vauriens mis aux fers ? Allons, passez-le-moi tout de suite et ne me faites pas monter la bile ! KOTTALOS. Non, non ! je t’en conjure, Lampriskos, par les Muses, par ta barbe, par la vie de Kottis [9] , pas la forte courroie, l’autre ! ”
“ Pense-t-il y trouver plus de passion ou seulement matière à libertinage ? son œuvre elle-même nous l’apprendra. Il est certain qu’il mérite bien plus qu’Euripide le nom de Misogyne. Les types de femmes qu’il met en scène sont assez variés, mais la plupart sont très peu flattés : elles n’ont guère qu’une excuse, c’est leur candeur dans la dépravation. L’art du poète consiste à leur prêter un naturel, une aisance qui nous confond. ”
“ Ils n’ont d’autre dessein que de copier la nature ; le réalisme est l’objet particulier de leurs scènes familières. Il est donc important de noter que la ressemblance signalée est moins dans la conception de la poésie que dans le choix des sujets. Elle est surtout dans cette recherche constante du détail pittoresque, du signe particulier qui évoque dans notre imagination tout un personnage ou toute une scène. ”
“ Le traitement déplaît à Kyniska, qui s’enfuit pour ne plus revenir ; notre jaloux n’a plus qu’à se faire soldat, à se mettre au service de Ptolémée. On ne reprochera pas cette fois au poète syracusain d’avoir idéalisé ses personnages : il les prend dans le bas peuple et montre surtout en eux la bestialité. Aischinès est une brute et Kyniska une fille des rues, le Thessalien est le mauvais plaisant de tous les banquets populaires ; quant aux autres convives, ce sont des personnages muets, qui sont venus boire et qui jouent leur rôle en conscience. ”
“ Quand le maître d’école juge la correction suffisante, il fait relâcher le condamné, mais la marâtre n’est pas satisfaite, elle veut que son garnement soit encore fustigé, et toute sa colère se réveille lorsqu’elle se voit narguer par Kottalos qui s’est mis à l’abri des coups : elle rentre chez elle pour chercher des entraves ; la punition sera complète quand les muses verront ce paresseux, cet ignare, sautiller à pieds joints devant elles. ”
“ Théocrite se plaît à nous représenter leur étonnement naïf. C’est une étude bien faite pour tenter un artiste que cette manière dont le peuple entend l’art : son appréciation est toute naturelle et toute spontanée : ce qu’il aime avant tout, c’est l’illusion de la nature ; et s’il se trompe quelquefois, c’est parce que l’illusion lui suffit : il prend souvent pour de l’art un simple trompe-l’œil. Nous retrouverons ce sujet de mime avec Hérondas, qui lui donnera de plus larges développements ; Théocrite l’a seulement esquissé. ”
“ Kerdon, qui veut tirer bon prix de son travail, a recours à toutes les ruses, à toutes les roueries du métier : il veut que sa cliente fixe le prix elle-même, mais il a soin d’ajouter qu’il ne faut pas lésiner pour avoir un vrai travail d’ouvrier, il fait son grand serment qu’il gagne à peine sa pauvre vie, il jure par son foyer domestique et, ce qui est plus comique, par son pauvre chef dénudé. ”
“ Nos deux amies s’arrêtent enfin devant un tableau qui doit être de plus grandes dimensions : un homme conduit un taureau (sans doute au sacrifice) , une femme marche derrière et deux personnages complètent le groupe : « l’un a le nez camus, l’autre l’a retroussé », l’observation est de Kokkalé. C’est le taureau que le peintre semble avoir traité avec le plus d’art : son regard est si bien rendu qu’une de nos commères prend peur : elle va crier, mais elle se retient par bienséance : « Vraiment ce taureau me fait peur : vois cet œil, vois, Kunno, quel regard de travers il me lance ! » ”
“ KORITTO. Sans doute, mais il fallait aussi que l’occasion fût favorable [9] ; l’esclave de Bitas était là tout près, en train de moudre. Jour et nuit elle vient tourner notre meule jusqu’à l’effriter, car elle a peur d’user la sienne pour quatre oboles. MÉTRO. Mais comment notre homme a-t-il trouvé le chemin de ta maison ? réponds-moi franchement, chère Koritto. KORITTO. C’est Artémis, la femme du tanneur Kandas [10] , qui lui a indiqué mon logis. MÉTRO. Artémis découvre toujours du nouveau ; rien n’est précieux comme son entremise [11] . ”
“ Nous savons que le gamin tourne mal, et que la malheureuse vit pauvrement avec un mari sourd et aveugle ; mais les cris de son enfant devraient l’attendrir, et ne font que l’exciter davantage : ce n’est plus une mère, c’est une femme du peuple ayant à peine de quoi vivre et qui se voit réduite à la misère, grâce aux mauvais instincts d’un précoce vaurien. ”
“ En lisant cette Magicienne que notre Racine admirait tant, qu’il trouvait « si vive » et si « belle », on ne peut s’empêcher de rapprocher les deux poètes : la même force est dissimulée sous la même perfection. Le mime se transforme donc avec Théocrite. Sous le souffle d’un grand poète, il s’anime de vraie poésie. En traitant les mêmes sujets, il s’en éloigne cependant : il était à l’origine plus près de la réalité vulgaire. Il y reviendra bientôt avec Hérondas : sa langue sera moins relevée et son rythme moins héroïque : l’auteur des mimiambes se réclamera moins de Théocrite que d’Hipponax. ”
“ KOKKALÉ. Que Péan soit propice aux sculpteurs et à Euthias pour ce beau travail [4] ! KUNNO. Vois, ma chère, cette jeune enfant qui regarde en haut vers cette pomme. Elle mourrait de ne pas l’avoir, n’est-ce pas ? KOKKALÉ. Et ce vieillard, Kunno ! KUNNO. Par les Parques, vois cet enfant, comme il étrangle l’oie [5] ! Si le marbre n’était pas là, devant toi, tu jurerais qu’il va parler. Pour sûr, avec le temps les hommes finiront par faire vivre la pierre elle-même. KOKKALÉ. Vois-tu, Kunno, cette statue de Batalé, la fille de Muttis ? Comme elle est bien plantée ! ”
“ L’objection est d’autant plus sérieuse que les poèmes dits « bucoliques » sont souvent empreints du réalisme le plus brutal. Ce qui justifie la distinction, c’est la différence des sentiments et des milieux représentés. Sans doute il peut être sans importance que la scène se passe à la ville ou à la campagne, mais la plupart des idylles ne sont pas des études de mœurs : on ne saurait prétendre que les sentiments du peuple s’y montrent sous leur aspect véritable et dans leur généralité. ”
“ La vie devient impossible à la maison, c’est la ruine pour le pauvre ménage. Chaque mois il faut payer le grammatiste : on a beau gémir et se lamenter, il ne fait pas grâce d’une obole. Puis ce sont les dégâts du vaurien qui viennent arracher les derniers sous : lorsqu’on l’a traité comme il le mérite, il va se percher sur le toit : les tuiles se brisent, et quand vient la pluie, les voisins se plaignent : le coupable est bien vite trouvé, « il n’y a qu’une voix chez tous les locataires, c’est le fils de Métrotimé, c’est Kottalos qui a fait le coup ». ”
“ GULLIS. J’habite loin d’ici, mon enfant, et, dans les rues, la boue vous monte jusqu’aux jarrets : et moi je n’ai pas plus de force qu’une mouche, car la vieillesse m’accable et l’ombre est proche. MÉTRICHÉ. Allons, cesse d’accuser à tort la vieillesse : tu es bien plutôt de force à en étrangler d’autres, Gullis. ”
“ L’artifice est des mieux réussis et nous croyons voir le jeu de scène : la vieille jette autour d’elle un coup d’œil furtif, se rapproche de la jeune femme, et lui fait sa proposition sur le ton de la confidence. La Gullis d’Hérondas nous fait penser naturellement à la Macette de Régnier : ce sont les mêmes conseils, le même ton mielleux, la même morale. Le langage de Macette est aussi populaire et semé de proverbes, enfin la composition même de la satire peut se comparer à celle du mime : dans l’une et dans l’autre, nous trouvons les mêmes ménagements et les mêmes gradations. ”
“ Il se cache derrière ses personnages, et l’on ne peut objecter que le mime est un drame en raccourci, car il est fort rare de voir même un ouvrage dramatique dont l’auteur soit tout à fait absent. À peine peut-on dans certains passages des mimes reconnaître l’humour et l’esprit du poète lui-même ; il sait toujours, avec un art parfait, se mettre à la mesure de ses personnages, reproduire leur ton et leur allure : il n’a pour eux ni pitié, ni dédain, il ne voit en eux qu’une matière d’art. ”
“ Les passions de ces chevriers peuvent être profondes, elles ne sont pas vraiment dramatiques : Aischinès, au contraire, porte dans son amour la violence et l’aveuglement des natures simples ; nulle femme dans les idylles proprement dites n’est aussi vivante et aussi passionnée que Simaitha. Nulle part enfin le poète n’a fait une peinture de mœurs comparable aux Syracusaines. ”
“ On peut dire, de même, que Théocrite, en choisissant le mètre de l’épopée a fait subir au mime une profonde transformation. Quoique l’œuvre de Sophron ne fût pas destinée à la scène, elle n’en appartenait pas moins au genre dramatique, l’observation de la réalité faisait toute sa valeur. L’auteur des idylles introduit dans le mime un élément de vraie poésie et d’idéal. Il sait allier, dans une merveilleuse harmonie, au réalisme des scènes la pure beauté de l’expression. Réalisme et poésie, tels sont donc les deux éléments que nous voyons apparaître dans ses mimes. ”
“ Il est bien naturel que toutes ces misères l’aient profondément aigri et l’aient porté vers la satire : s’il faut, pour réussir dans ce genre, connaître la vie et voir de près ses réalités, Hipponax possède cette expérience mieux que tout autre. Exilé d’Éphèse, il vit misérablement en Grèce, souffrant à la fois de sa misère et de sa difformité ; il lutte contre la mauvaise fortune et contre les hommes, il a pour armes ses poings non moins que ses vers. ”
“ KERDON. Fixe le prix toi-même, s’il te plaît : combien vaut-elle pour toi ? De cette façon tu ne risqueras pas d’être trompée [13] . Si tu veux un travail fait de main d’ouvrier, il faut dire un bon prix, oui, par ces tempes grises où le renard a fait son nid [14] ! . . . . . . . . . . . . . (À part) À moi, Hermès, Dieu du gain, et toi, secourable Pitho : si ce coup de filet ne nous rapportait rien, je ne sais ce qui ferait mieux bouillir la marmite. LA FEMME. Que marmottes-tu là ? Dis le prix sans barguigner. KERDON. Femme, cette paire vaut une mine : inutile de rouler des yeux étonnés ”
“ Nuit et jour il ne bouge de ma maison, enfant ; il se lamente, il me cajole, il meurt de désir. Allons, Métriché, mon enfant, écoute-moi, un péché, un seul, cède à la Déesse, prends garde que la vieillesse ne te surprenne. Tu seras doublement heureuse,... ton bonheur passera ton attente. Réfléchis, suis mon conseil : je veux ton bien, oui, j’en atteste les Parques ! MÉTRICHÉ. Gullis, les cheveux blanchissent et le sens s’émousse. ”
“ Les premiers citoyens de la ville sont pleins de respect pour elles, tous les autres doivent suivre leur exemple. Au reste, c’est par le grand législateur Chairondas que ces lois ont été édictées, et l’orateur fait observer ironiquement à Thalès que celui-là savait comment une cité s’administre. Battaros possède aussi l’art de grandir sa cause : il montre aux juges qu’il ne s’agit pas seulement d’un cas particulier et d’un seul homme, mais de tous les métèques et de la cité tout entière. ”
“ Le style est bien celui qui convient à ces sortes de poèmes : ses plus grandes qualités sont le naturel et la souplesse, il est tout semé d’expressions populaires, de proverbes, de comparaisons familières. Il est souvent trivial et grossier de parti pris et n’use guère de la périphrase ; c’est bien le vêtement de la pensée, mais un vêtement si transparent et si léger qu’il la laisse voir dans son naturel et souvent dans son impudeur. Nous sommes loin de la poésie harmonieuse de Théocrite : les vers d’Hérondas n’ont de poétique que leur mesure. ”
“ Notre grand orateur s’avise enfin d’un procédé qui a réussi quelquefois auprès des juges : il fait paraître Myrtalé, la victime de Thalès, il veut qu’elle se montre devant eux dans l’état pitoyable où le Phrygien l’a mise ; la pauvre fille n’a, paraît-il, plus un cheveu, depuis la scène de violence. Myrtalé n’ose avancer : la vue de ce tribunal et cette foule qui l’entoure l’intimident sans doute ; mais Battaros l’encourage, il l’engage à voir dans les juges « des pères ou des frères ». ”
“ Asseyez-vous. Pistos, ouvre-moi cette armoire [3] : pas celle-là, te dis-je : passe-moi les jolies chaussures de la troisième planchette [4] ; allons, dépêche ! Ah ! ma chère Métro, quel travail tu vas voir : examine à loisir tout ce rayon, et d’abord ceci, Métro ; regardez-vous aussi, femmes : voyez la semelle comme elle est solide et bien garnie de courroies. Et vous ne direz pas : ceci va bien, mais ceci cloche : tout est parfait. Et la couleur ! Que la Déesse comble tous vos désirs aussi vrai que vous ne trouverez nulle part une couleur pareille [5] . ”
“ KORITTO. Ce n’est aucun de ceux que tu dis, Métro ; celui dont il s’agit vient de Chios ou d’Érythræ, je ne sais pas au juste : c’est un petit chauve ; tu dirais Praxinos, car ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau, il faut entendre parler notre homme pour se convaincre que c’est bien Kerdon et non Praxinos. Il travaille chez lui et vend sa marchandise en cachette, car les fermiers d’impôts sont l’effroi du pauvre monde [8] ”
“ Puissent tes chères Muses, Lampriskos, te faire jouir d’une vie heureuse, mais cingle-moi du haut en bas l’échine de ce garnement jusqu’à ce que son misérable souffle expire sur ses lèvres. Malheureuse que je suis ! il a mis ma maison au pillage pour jouer de l’argent [1] , car les osselets ne lui suffisent même plus, Lampriskos, et il médite pis encore. ”
“ Ce qu’il faut surtout observer, c’est la manière dont Koritto change de ton : elle était naguère maussade et hargneuse, dès qu’elle conte sa visite à l’ouvrier, elle oublie tout, sa figure s’épanouit, ses yeux brillent, elle est toute sensualité. Comme personne ne l’écoute et qu’on est entre femmes, elle s’abandonne entièrement, elle parle crûment, sans périphrases. ”
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