Leopold Augusto de Cueto

Résumé

Leopold Augusto de Cueto Revue des Deux Mondes

Quoi qu’il en soit, il n’en est pas moins curieux, d’étudier les écrits d’un troubadour qui a toujours porté ses idées sur le terrain glissant de la métaphysique théologique, et qui, sans se douter de la portée de son ambition, aspire à sonder d’un regard téméraire la prescience divine, les lois de la Providence, la Trinité, la vie immortelle, ces gouffres où les incertitudes humaines ont été constamment englouties. Quelque force d’abstraction que l’on suppose à l’intelligence, il est incontestable que l’homme doit toujours à son époque la base de ses méditations.
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Leopold Augusto de Cueto Revue des Deux Mondes

Cependant le peuple n’avait pas tort : il était, sans le savoir, grand critique comme il avait été grand poète. Quel singulier contraste ! Ce marquis de Santillana, l’esprit le plus lettré peut-être de son temps, est en cette occasion bien plus mauvais juge que ces gens d’humble condition dont il parle si superbement, tant il est vrai que, pour bien saisir la beauté et la grandeur des œuvres de l’art, il faut être animé de l’esprit qui les a produites, il faut sentir dans son âme l’écho de l’inspiration dont elles sont le reflet.
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Calavera est un esprit préoccupé et chagrin qui, à force de vouloir tout comprendre, s’attriste de son impuissance et tombe dans les écarts d’une raison ulcérée. Il ne se glorifie pas de ses doutes, il ne les regarde point comme des conquêtes de la pensée, il s’en afflige au contraire, et attribue les incertitudes de son esprit à son défaut de science. Il parait ne pas se douter que l’homme, ne touche pas impunément aux mystères de la Providence, et, dans le fait, il n’hésite pas à soumettre la foi au raisonnement, le dévouement à l’analyse.
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