Edmond Arnould

Résumé

Edmond Arnould De l'invention originale (1849)

A la Renaissance l'Italie n'agit plus, elle se souvient. Ses souvenirs d'ailleurs sont magnifiques ; ils embrassent la vie de la Rome antique et de la Rome du moyen âge. Elle se plaît donc à ces longs récits où son imagination, repliée sur elle-même, se donne toute carrière, revêt toutes les formes, prend tous les caractères, depuis le profond et sombre mysticisme de Dante, jusqu'au noble et chevaleresque enthousiasme du Tasse, jusqu'à la riante et spirituelle raillerie de l'Arioste. C'était donc bien chez elle que la poésie lyrique devait enfanter l'épopée.
Source : Gallica

Edmond Arnould De l'invention originale (1849)

Une société, une civilisation entière est une oeuvre de l'art tout autant qu'un poème, un tableau, une statue. Aussi l'art est le grand civilisateur, et l'on peut dire que plus il y a
d'art dans une littérature, plus cette littérature est propre au travail de la civilisation. Qu'on ouvre l'histoire, et l'on verra que les nations les plus littéraires du monde, les Grecs, les Romains, les Français, sont en même temps les nations civilisatrices par excellence, grâce au caractère d'unité, de beauté et de clarté que l'art a répandu sur toute leur littérature.
Source : Gallica

Edmond Arnould De l'invention originale (1849)

Or, l'inspiration lyrique a besoin d'indépendance plus encore peut-être que de liberté. En s'enchaînant soi-même au joug des convenances, on s'interdisait le libre essor de l'âme. Ce que rien ne pouvait glacer, ce que rien ne pouvait tarir, ni la sévérité du dogme, ni le despotisme de la royauté, c'était cette veine de poésie douce, vive, simple, gracieuse, qui traverse, toujours abondante et toujours fraîche, les divers siècles de notre littérature, depuis Charles d'Orléans et Villon jusqu'à nous, et qui semble une des plus pures émanations du génie grec.
Source : Gallica

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