Edmond de Guerle

Résumé

Edmond de Guerle Revue des Deux Mondes

Il aime ce qui élève et étonne, il n’aime pas ce qui ravit et rafraîchit l’âme. Il n’a entendu que la grande voix de la création : elle semble tout entière à ses yeux dans la terre, la mer et le soleil, et toute la nature animée échappe presque à son admiration. Il devait faire un pas de plus sur ce chemin où son propre génie l’avait jeté. Jusqu’au moment où il rencontra Shelley, son âme juvénile s’ouvrait à toutes les impressions du dehors, sans avoir conscience de sa dépendance. Le naturalisme panthéiste de Shelley le révéla pour ainsi dire à lui-même.
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Edmond de Guerle Revue des Deux Mondes

Son voyage en Grèce fut pour lui comme la source abondante d’où découla tout ce beau fleuve de poésie que le désespoir allait empoisonner, et que la mort devait arrêter si vite. Byron est le poète des grands horizons, des tumultes de l’Océan, des cimes orageuses et escarpées. Il admirait la nature dans ses grandes lignes et non dans ses détails. Il ne connaît ni les fraîches vallées, ni les horizons bornés, ni les limpides ruisseaux. Il aime la vie et les forces de la nature ; il n’en aime point le charme ni l’influence reposante.
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Il a ajouté un chapitre douloureux à cette histoire des grands artistes où se succèdent tour à tour le rire et les larmes, la splendeur et la misère, la force et la faiblesse. C’est au milieu de ces contrastes qu’est placé le berceau de toutes les grandes œuvres. Peu d’artistes ont réalisé dans leur vie cet idéal que leur esprit entrevoyait sans cesse. Est-ce à dire que le génie doit toujours marcher côte à côte avec l’immoralité, ou bien que la société ait pour le poète des exigences qu’elle brave pour son compte ? Non, ni Dieu, ni la société ne sont si injustes.
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