Résumé

Émile Montégut Le Journal d’un Poète, Alfred de Vigny

L’idéalisme étant surtout une nature d’être, un tempérament d’âme, celui qui le porte en lui est obligé de lui rester fidèle, quoi qu’il en ait. De là des contradictions surprenantes, parfois choquantes, pareilles à celles que l’on découvre dans les mariages d’inclination, lorsque l’amour a cessé d’exister. L’idéaliste qui ne croit plus aux idées ne souffre cependant pas qu’on place quelque chose au-dessus d’elles. Ainsi d’Alfred de Vigny. Tout en avouant à chaque page qu’il a été dupe de son idéal, il n’admet pas que rien au monde puisse lui être préféré.
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Émile Montégut Le Journal d’un Poète, Alfred de Vigny

Il y a des ressources dans le désespoir d’un Byron, il y a de la fécondité dans la mélancolie d’un Jean-Jacques, et la misanthropie d’un Swift contient un sel fortifiant et même sain ; mais cette bouderie calme est cent fois plus mortelle pour l’âme qu’elle détrempe, car elle dépouille l’incrédulité même de la seule chose qui la fasse grande, la passion.
Ceux qui ont traversé le désert savent qu’il n’est pas de solitude ni de stérilité complètes. Toujours la vie s’y révèle par quelque bruit d’ailes, quelque bourdonnement d’insecte, quelque touffe d’herbe vivace, quelque oasis imprévue.
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Émile Montégut Le Journal d’un Poète, Alfred de Vigny

Un souffle de vraie grandeur anime toutes les pages, et le plus grand éloge qu’on puisse en faire est de dire que de toutes les œuvres d’imagination de notre temps, c’est à coup sûr celle qui donne l’idée la plus haute et la plus vraie de la nature humaine. C’est un de ces rares ouvrages dont on peut donner cette définition : c’est plus qu’un beau livre, c’est une belle action. Le jour où il l’écrivit fut le jour béni entre tous d’Alfred de Vigny, car ce fut celui où il resta le plus fidèle à sa vraie nature.
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