Résumé

Gerbert Brunon Alfred de Vigny : esquisse littéraire (1869)

Peu de mémoires, au XIXe siècle, sont aussi pures que celle de cet homme de bien , de ce loyal gentilhomme, qui fut sans haine et sans reproches : sans doute, des noms ont retenti plus bruyamment, ont été entourés d'une plus éclatante célébrité ; mais aucun
n'éveille en l'âme d'aussi belles pensées , n'agite le cœur d'aussi douces émotions. Le poète d'Eloa, le confident de Stello, le penseur des Destinées, a chanté l'amour, la pitié, la tolérance et le pardon , a grandi la dignité humaine , a célébré avec de virils accents la religion de l'honneur : tels sont ses titres à la gloire.
Source : Gallica

Gerbert Brunon Alfred de Vigny : esquisse littéraire (1869)

L'indépendance absolue est une des conditions essentielles du génie poétique, et l'artiste ne devrait se livrer à son inspiration qu'après avoir tracé autour de lui un cercle infranchissable dans lequel ne doivent jamais entrer la politique et l'esprit de parti. Notre siècle fournit d'illustres exemples à l'appui du beau livre de Stello. Quel cœur un peu amoureux de l'idéal n'a gémi en voyant Lamartine dire dans une de ses préfaces que la poésie n'était que l'occupation des heures de loisir, et quitter les entretiens de la muse pour descendre dans l'arène vulgaire de la politique.
Source : Gallica

Gerbert Brunon Alfred de Vigny : esquisse littéraire (1869)

Nous voici arrivés à l'œuvre capitale du poète, à celle qui donne la vraie mesure de son génie et dans laquelle a passé toute son âme. Un cœur douloureusement ému par le spectacle des misères humaines s'y trahit à chaque ligne. Tout est personnel et intime dans ce livre étrange et profond : les chants de la muse n'empêchent pas d'entendre palpiter le cœur de l'homme; une navrante et douloureuse réalité se cache sous la fiction. Que d'amour et de pitié, de vérité et d'intuition !
Source : Gallica

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