Anatole France,
Alfred de Vigny : étude
(1868)
“ Rien, dans la poésie française, ne surpasse ce chant grave et sacré. Après le vaincu du génie, Moïse, le poëte dit Eloa, vaincue de la pitié. Byron avait chanté le Ciel et la Terre : dans une oeuvre immense ; il avait, le poète révolté, tendu la main au grand révolté, à Lucifer, héros triste et magnifique du drame de Caïn ; Thomas Moore, d'une voix moins forte, avait célébré les amours des anges ; Chateaubriand, pour s'enivrer d'encens, avait ouvert un paradis poétique sur la tête de ses Martyrs. M. de Lamartine portait alors dans son cerveau son immortel ouvrage la Chute d'un ange. ”
