Résumé

Ernest Dupuy La jeunesse et la famille d’Alfred de Vigny…

Mais ce père si fin, si tendre, si enjoué, si digne de respect, Alfred de Vigny ne devait pas le garder bien longtemps. Lorsqu’il eut la douleur de le perdre, il était encore un tout jeune homme, un officier imberbe, non « de dix-sept ans, » selon l’expression du Journal d’un poète, mais de dix-neuf ans au moins, et, d’autre part, ce n’est pas à « soixante-quatorze ans, » c’est à soixante-dix-neuf, peut-être à quatre-vingts, que mourut Léon de Vigny, l’ex-chevalier d’Émerville.
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Ernest Dupuy La jeunesse et la famille d’Alfred de Vigny…

Elle vivait entourée des portraits de son neveu exécutés à l’huile ou au pastel par Mme de Vigny et le représentant à tous les âges. Elle avait gardé, sans en distraire une seule, toutes les lettres de sa sœur : elle les mit sous les yeux du jeune officier et lui lut, en allant d’un cadre à l’autre à travers les appartemens, ces pages qui commentaient les progrès de son enfance. « Cette enfance, écrit-il, j’en sortais à peine et je l’avais déjà oubliée. Je me la remis en mémoire en la lisant racontée avec cette tendresse inépuisable et toujours inquiète de toute chose. »
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Ernest Dupuy La jeunesse et la famille d’Alfred de Vigny…

Cette coutume des ablutions froides, dont Alfred de Vigny ne devait jamais se départir, rendit ce garçonnet, que son air délicat faisait prendre pour une fille, insouciant des intempéries les plus rudes. Habillé d’une veste légère et « de couleur rouge, » qui laissait les bras et le cou nus, il affrontait le vent le plus glacial et riait de voir « le givre fondre sur sa poitrine. »
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