Manoël de Grandfort

Élements biographiques

Portrait de Manoël de Grandfort Manoël de Grandfort,  Le Mari de Lucie. Le Soulier de Rosine… (1877)

“ Si tu allais te réveiller ! c'est Francis qui serait étonné !...
C'est-à-dire, répondit madame de Veyrier, que ta soeur est modeste, tandis que tu es effrontée comme un page ! Ce que tu appelles pompeusement la vie, n'est chez toi qu'une turbulence fatigante, un désir sans cesse renaissant qu'on s'occupe de ta petite personne, qu'on la regarde, qu'on l'admire ; aussitôt que l'attention se porte sur un autre objet, tu t'ennuies, tu bâilles, tu tombes dans une tristesse profonde, jusqu'à ce que tu aies pu de nouveau occuper les esprits, et ramener les yeux vers toi.
”
Source : Gallica

Portrait de Manoël de Grandfort Manoël de Grandfort,  Confessions féminines... (1886)

“ C' est là que je passais ma vie . C' est moi qui , dans des heures exquises , ai brodé la tenture qui recouvre les murs ; sur une toile de Java , j' ai jeté à pleines mains les pensées et les chrysanthèmes , les reines-marguerites , les bluets et les coquelicots . Quand je vivais , j' aimais les fleurs ; depuis que je suis morte , je n' aime plus rien .
Mon bonheur dura dix ans , il fut complet . Je n' ai pas eu , pendant cette longue période , un reproche à faire à mon mari , et je m' étais si bien accoutumée à sa tendresse qu' il ne me semblait pas qu' elle pût un jour me manquer .
”
Source : Gallica

Portrait de Manoël de Grandfort Manoël de Grandfort,  Le Mari de Lucie. Le Soulier de Rosine… (1877)

“ Je haïssais la comtesse d'être noble, d'être riche, d'être heureuse, d'être aimée. Qu'elle me semblait, dans son orgueil, moins pure que Rosine, que l'amour avait perdue !
l'amour des premiers matins de la vie, celui qui
s'éveille avec le coeur, qu'on ne ressent qu'une fois, dont on se souvient toujours, pour aussi longue que soit notre existence. – Madame de Kervadec, à l'heure où Rosine sacrifiait sa douce vertu, sa candide innocence à un amour qu'elle s'imaginait devoir durer comme le sien, madame de Kervadec, dis-je, échangeait, contre l'or de son vieux mari, sa splendide jeunesse.
”
Source : Gallica

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