Résumé

Jacques Normand Le Monde où nous sommes, par Jacques Normand (1884)

Cette fois, M. Roumégas posa son arrosoir à terre, releva ses lunettes sur son nez, et d'un ton moitié fâché, moitié indulgent :
– Qu'est–ce qu'il y a, voyons ?
Antoine parut rassembler tout son courage, et d'une voix basse :
– Eh bien !... cette nuit... au cercle...
– Tu as perdu !... Encore perdu !... Ah ! malheur de ma vie ! Il me tuera, cet enfant-là !... Tu m'avais pourtant juré... Parbleu ! il n'y a qu'une chose à faire : payer !... payer encore, et toujours, jusqu'au dernier sou !... Il y va de l'honneur des Roumégas ! Allons, combien ?
Antoine se tut encore.
Source : Gallica

Jacques Normand Le Monde où nous sommes, par Jacques Normand (1884)

Deux autres voyageurs – deux jeunes : mariés, cela se voyait tout de suite – étaient assis de l'autre côté et causaient de très près, amoureusement. Tout entier à ses éludes, Blaisinet ne s'occupait guère de l'éternel féminin ; mais il n'était pas homme, cependant, à mépriser la vue d'une jolie frimousse, et celle de sa voisine l'était
de tout point. Elle avait des cheveux blonds frisottants qui se jouaient sur son front, un élégant costume de voyage, et s'approchait de son mari avec des petits mouvements de cou et des petites mines étonnées tout à fait réjouissantes.
Source : Gallica

Jacques Normand Le Monde où nous sommes, par Jacques Normand (1884)

Un pas hésitant cria sur le sable de l'allée. M. Roumégas se retourna. Antoine était devant lui, très pâle, le teint plombé, le linge fripé, les cheveux en désordre, les yeux rougis.
Le vieillard eut un haussement d'épaules.
– Ah ! te voilà !... à cette heure !... Tu n'as pas honte ?... Allons !... Va te coucher !... Et tâche au moins d'être descendu pour midi.
Et, avec un nouveau haussement d'épaules plein de lassitude et de résignation, il se remit à arroser ses chères jacinthes.
Antoine ne bougea point.
– Tu ne m'as pas entendu ? dit M. Roumégas, sans se retourner.
Source : Gallica

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