Machiavélisme

Définition et enjeux

Portrait de Han Ryner Han Ryner La Sagesse qui rit

Le machiavélisme, tel que je le trouve exposé dans Le Prince et dans les Discours sur Tite-Live, est la suppression même de toute éthique. Machiavel ne se préoccupe d’aucune apologie de sa politique ; seuls les résultats l’intéressent et à ses yeux le succès justifie tous les moyens. Entre les moyens qu’il conseille, il place hardiment au premier rang la mauvaise foi et la cruauté. Il ne va pas jusqu’à aimer ces procédés pour eux-mêmes. Machiavel n’a rien d’un satanique et le mal pour le mal ne lui paraîtrait pas moins ridicule que la préoccupation de bien faire.
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Portrait de Maurice Joly Maurice Joly Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu

Ce n’est pas moi qui suis le fondateur de la doctrine dont on m’attribue la paternité ; c’est le cœur humain. Le Machiavélisme est antérieur à Machiavel.
Moïse, Sésostris, Salomon, Lysandre, Philippe et Alexandre de Macédoine, Agathocle, Romulus, Tarquin, Jules César, Auguste et même Néron, Charlemagne, Théodoric, Clovis, Hugues Capet, Louis XI, Gonzalve de Cordoue, César Borgia, voilà les ancêtres de mes doctrines.
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Joseph Fabre La Pensée moderne (de Luther à Leibniz… (1908)

Ces deux livres ne diffèrent que par le sujet ; ils se ressemblent par cette entière subordination de la moralité au succès qu'on a appelée le machiavélisme. Le machiavélisme est à la raison d'Etat ce que le genre est à l'espèce. La raison d'Etat consiste dans l'indifférence sur les moyens, étant donnée une fin bonne dont on s'autorise. Le machiavélisme consiste dans l'indifférence complète sur les fins et sur les moyens.
Source : Gallica

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