Jacques Normand

Résumé

Jacques Normand Tablettes d’un mobile

C’est le craquement sec du fer qui se déchire,
Puis le gémissement triste, plaintif et lent,
De l’éclat projeté, qui fend l’air en sifflant.
Parmi nous tous, enfants de vingt ans, nul ne bouge,
Nul n’a peur. — Et pourtant, hélas ! la neige rouge
Marque plus d’un endroit où la mort a passé ;
Il faut entre ses bras porter plus d’un blessé...
Moments affreux ! Encor, si c’était la bataille,
La lutte corps à corps, où le fusil travaille,
Où l’on rend coup pour coup, où l’on venge un ami !
Mais non : il faut mourir sans vengeance aujourd’hui.
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Jacques Normand Tablettes d’un mobile

Le soleil vif et chaud brille sur les ruines,
Et les restes des murs où la flamme a passé
Se découpent en noir sur le ciel bleu foncé,
Ainsi que des dentelles fines.
Plus rien, partout la mort et partout l’abandon :
Car ces nobles vainqueurs, quand la guerre est finie,
Pour dernière ressource ont encor l’incendie,
Le pétrole après le canon.
L’obus a commencé, la flamme a fait le reste.
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Jacques Normand Tablettes d’un mobile

Il est toujours un terme à nos douleurs humaines :
À force de souffrance, on apprend à guérir.
L’ouragan s’est enfui : le canon fait silence.
Retournons maintenant notre champ dévasté ;
Comme le laboureur, reprenons confiance ;
Au travail ! l’hiver fuit : voici venir l’été.
Notre malheur finit, le ciel est sans nuage :
Au travail ! c’est l’instant ! Français, levons-nous tous !
Car le temps est plus sûr au sortir de l’orage,
Au sortir des douleurs le sourire est plus doux.
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