Jacques Normand, Le Laurier Sanglant
“ Il est minuit : le temps est calme et le ciel clair. Je suis en faction sur le chemin de fer, Seul, la main au fusil, l’œil perdu dans l’espace. J’entends auprès de moi, comme un soupir qui passe, Un grand vent secouant les arbustes chétifs. La lune, se montrant par instants fugitifs À travers les flots blancs que forment les nuages, Sur les champs dévastés verse de clairs mirages ; À droite, noir géant silencieux, le fort Veille, et Paris, couché sous l’horizon, s’endort. Oh ! qu’il est doux alors de laisser la pensée S’envoler au hasard de son aile lassée ! ”
