Résumé

P Grolleau Le siège de Paris, 1870-1871 : souvenirs de campagne d'un soldat du 136e régiment de ligne (1903)

L'artillerie de Rosny, de Nogent, d'Avron, de la Faisanderie et de Gravelle ne cessent pas de tirer.
En attendant la lutte, désormais inévitable, on vit une vie nouvelle au milieu de tout ce mouvement précurseur de la bataille. Demain, et on n'y songe pas, que de braves soldats qui contemplent ardemment les hauteurs de Bry et de Villiers resteront étendus sans vie sur ces pentes aujourd'hui si tranquilles, si solitaires. Mais heureusement pour lui, le soldat est un véritable enfant qui ne voit que l'heure présente et ne songe pas au lendemain.
Source : Gallica

P Grolleau Le siège de Paris, 1870-1871 : souvenirs de campagne d'un soldat du 136e régiment de ligne (1903)

Sans jeter un regard en arrière, nous quittons la caserne de Rueil; on est heureux de rentrer à Paris et de retrouver une animation dont on est privé.
Notre joie s'évanouit bien vite. Au rond-point de Courbevoie, nous apprenons le désastre de Sedan, la captivité de l'empereur et de l'armée française, la déchéance du régime impérial et la proclamation de la République. L'imagination frappée par toutes nos défaites, en attribuant uniquement la cause à l'Empire, sans penser que s'il était coupable, ses adversaires l'étaient autant sinon davantage, on se met à crier : « Vive la République! »
Source : Gallica

P Grolleau Le siège de Paris, 1870-1871 : souvenirs de campagne d'un soldat du 136e régiment de ligne (1903)

Au matin, les Allemands voudront sans doute, après nous avoir surpris, nous jeter à la Marne. La division de Bellemare doit donc s'attendre à être attaquée au petit jour.
La tranchée creusée, nous rejoignons le régiment. Pendant notre absence, les tentes ont été dressées. En sécurité, nous pouvons nous livrer à un repos bien gagné. Tout le monde ne dort pas, cependant. Beaucoup d'hommes restent groupés autour de quelques tisons, dans la crainte d'une surprise.
Dans la nuit, les balles sifflent de temps en temps, nous invitant à ne dormir que d'un œil. Et la nuit s'achève tranquille.
Source : Gallica

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