Résumé

Gustave Fautras Souvenirs et impressions de 1870-1871… (1906)

Mais Paris, stupéfait d'abord, se montre insouciant bientôt à ce bombardement et le nargue même. Paris rationné, réduit au pain de siège et à la viande de cheval, ne change rien à ses habitudes : il garde sa physionomie boulevardière, sa foi indomptable, son entêtement héroïque. — Et s'il doit être brûlé, comme on le souhaite au delà du Rhin avec une joie sauvage, il disparaîtra, foyer du monde et de la civilisation, dans la fierté de son attitude et la grandeur de son âme française !.
A Bobigny, les mobiles montent la garde dans les tranchées.
Source : Gallica

Gustave Fautras Souvenirs et impressions de 1870-1871… (1906)

Le temps s'est radouci et l'on ne frissonne plus sous la bise. Mais on est prisonnier de guerre, il est défendu de quitter la ville, et, sous les baraques des Batignolles, où règne une humidité malsaine, où l'air et la lumière pénètrent à peine, les hommes se morfondent dans l'attente et le désœuvrement.
Aussi bien, à partir du 6 février, le 5e bataillon — comme le régiment tout entier, — cesse d'exister en tant que force armée, car le matin de ce jour-là les fusils et les munitions sont remis à des artilleurs, sans contrôle sérieux, dans un hôtel particulier inoccupé.
Source : Gallica

Gustave Fautras Souvenirs et impressions de 1870-1871… (1906)

Le 6 novembre, pour le bataillon, commence donc la véritable campagne. Dès le matin, le quartier est en mouvement ; d'une baraque à l'autre, on court, on crie, on s'interpelle. Dans leurs préparatifs, les uns se hâtent avec une précipitation désordonnée, les autres procèdent avec une lenteur désespérante; ici, on veut emporter quantité de choses inutiles et charger son sac d'objets variés; là, on s'aperçoit, au dernier moment, que le nécessaire fait défaut et l'on réclame ou des piquets de tente, ou des obturateurs, ou des aiguilles pour les chassepots.
Source : Gallica

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