Résumé

Gabriel Cottreau Sept mois de services et une campagne… (1904)

Le soir, le 2e bataillon, et je crois tout le régiment, couche sous la tente malgré un froid terrible.
Le 22 et les jours suivants jusqu'au 28, le bataillon reste en permanence dans des tranchées, sans autre abri que ceux qu'improvisent les hommes avec des toiles de tentes et des branchages. Le froid nous y poursuit et enserre impitoyablement nos soldats ; ils passent ainsi cette terrible nuit de Noël, si triste dans Paris, morne, sombre et sans passants, plus triste encore dans les tranchées où nos malheureux mobiles engourdis par le froid gisent sur le sol profondément gelé.
Source : Gallica

Gabriel Cottreau Sept mois de services et une campagne… (1904)

On prend vivement les armes. Notre demi-bataillon se range dans la cour et s'y aligne par compagnies déployées à six pas les unes derrière les autres. On forme les faisceaux et nous demeurons là immobiles, la troupe sac au dos. Trois fois la fusillade cesse, trois fois elle reprend, entremêlée de quelques coups de canon. Quelques balles mortes tombent derrière la ferme, tandis que, mêlés à plusieurs officiers de la ligne, nous regardons de tous nos yeux pour tâcher de comprendre ce qui se passe. La nuit est très noire; nous ne voyons rien.
Source : Gallica

Gabriel Cottreau Sept mois de services et une campagne… (1904)

Deschamps, caporal, monté avec quelques hommes sur une planche qui les exhausse un peu au-dessus du sommet de la tranchée regarde le combat. Le sergent-major et moi gagnons aussi ce poste d'observation où nous oublions bientôt les obus pour suivre de l'œil le combat que nous voyons comme si nous étions au spectacle. Aucun détail ne nous échappe avec le soleil qui éclaire tout de ses rayons resplendissants.
Pendant que nous regardons, les obus font rage dans le champ de navets où nous récoltâmes hier. La terre y est molle heureusement, ils s'y enfoncent sans éclater.
Source : Gallica

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